Adama Dieng : la prévention du génocide doit faire l’objet d’un travail collectif

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Ouverture de la vingt-deuxième session ordinaire du Conseil des droits de l’homme (Photo : ONU/Jean-Marc Ferré)

Le Conseil des droits de l'homme a conclu ce matin son débat de haut niveau, entamé le 25 février dernier, en entendant des ministres du Tchad, du Gabon et du Soudan, ainsi que d'autres hauts dignitaires des Gouvernements du Mozambique (au nom de la Communauté des pays de langue portugaise), des Émirats arabes unis, de la République islamique d'Iran, de la République démocratique du Congo et du Portugal. Ont également participé au débat de haut niveau le Secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique, le Secrétaire général du Commonwealth, le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide, le Directeur exécutif de l'ONUSIDA et le Secrétaire général de l'Union interparlementaire.

L'impact des conflits en cours sur l'exercice des droits de l'homme et la nécessité de leur résolution et d'une tolérance zéro contre l'impunité des auteurs de crimes dans les situations de conflit armé, en particulier de viols et de violence sexuelles, comptent parmi les principaux sujets abordés et sur lesquels le Conseil a été exhorté de se pencher.

Michel Sidibé, Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) a déclaré que la lutte contre le sida a toujours été un combat pour les droits de l'homme. Qui aurait cru il y a vingt ans qu'on distribuerait gratuitement des médicaments aux pauvres, a demandé M. Sidibé? L'action contre le Sida a montré que lorsque les personnes se dressent pour réclamer leurs droits, le déni et l'inaction sont vaincus. Depuis 2003, le nombre de médicaments distribués a été multiplié par trois. Pour autant, il reste scandaleux qu'en 2013, alors que tous les moyens de combattre cette épidémie existent, des populations meurent encore du sida. Il faut encore se battre aujourd'hui contre les discriminations, contre les disparités entre pays riches et pays pauvres, contre les mauvais traitements infligés aux personnes infectées. Cela signifie que la société civile a besoin d'espace et de financement pour agir, a-t-il estimé. En conséquence, l'agenda post-2015 doit adopter une approche basée sur les droits de l'homme, a-t-il souligné, ajoutant que mettre fin au sida doit être un engagement commun pour les droits de l'homme.

Adama Dieng, Conseiller du Secrétaire général sur la prévention des génocides, a estimé que la prévention des génocides devrait faire l'objet d'un travail collectif et que le Conseil devrait prendre sa part dans ce travail. Il a déploré que malheureusement, les génocides n'appartiennent pas au passé, et ce, malgré l'Holocauste ou le génocide du Rwanda. Les leçons n'ont pas été apprises, a-t-il estimé.

Présentant plus en détail le travail de son mandat, Adama Dieng a estimé que son Bureau a eu un impact significatif, notamment parce que les alertes émises ont été prises en compte par le système des Nations Unies. Il a ajouté que la responsabilité de protéger est devenue un engagement des États. L'intervention de la communauté internationale peut prendre des formes coercitives ou non, l'usage de formes coercitives devant être de dernier ressort. Pour sa part, le Conseil devrait s'efforcer d'anticiper et d'intervenir afin d'éviter la surenchère dans les situations de crise. Il a proposé dans ce contexte qu'un rapport soit soumis au Conseil sur les initiatives du Secrétaire général en matière de prévention du génocide.

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16/04/2014
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