Accord-cadre d'Addis-Abeba : avantageux pour la RDC, selon le gouvernement

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De gauche à droite: le Président du Rwanda, Paul Kagame ; le Président de la RDC, Joseph Kabila ; le Secrétaire général Ban Ki-moon, et le Président Yoweri Museveni, de l’Ouganda, à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 28 janvier 2013 (Photo : ONU/Eskinder Debebe)

Le gouvernement congolais estime que l'accord-cadre signé le 24 février à Addis-Abeba pour le rétablissement de la paix en RDC est avantageux pour le pays parce qu'il prend en compte les volets interne et externe de la crise dans l'est. S'adressant à la presse mercredi 27 février à Kinshasa, les ministres des Affaires étrangères et des médias ont déclaré que l'actuel accord est différent des documents similaires qui l'ont précédé. “Il a toujours été question de mettre le doigt sur une prétendue responsabilité congolaise dans la crise de l'Est du pays”.

Pour la toute première fois, et les aspects internes, et les aspects externes de cette conflictualité récurrente sont mises à jour», a expliqué le ministre des médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Pour lui, l'accord-cadre signé par onze Etats africains sous l'égide des Nations unies à Addis-Abeba, en Ethiopie, constitue « une solution globale au conflit congolais ».

Lambert Mende et son collègue des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda ont assuré que ni la légitimité des institutions ni la souveraineté nationale de la RDC n'étaient mises à mal par le ballet diplomatique de la RDC à l'échelon international qui a abouti à la signature de l'accord d'Addis-Abeba. Raymond Tshibanda a estimé que «les Nations Unies demandent tout simplement à Kinshasa d'accélérer le processus des réformes en cours ».

Lors de la signature de cet accord-cadre, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a en effet assuré que l'ONU était prête à soutenir l'engagement pris par la République démocratique du Congo de continuer d'approfondir certaines réformes internes, notamment du secteur de la sécurité. Kinshasa devrait également promouvoir les objectifs de la réconciliation nationale, de tolérance et de démocratisation.

Ce document appelle les pays de la région « à ne pas tolérer ni porter assistance ou soutien à aucune forme de groupes armés » en RDC. Il vise le retour de la paix dans l'Est de la RDC, en proie à des groupes armés nationaux et étrangers.

Au cours d'un autre point de presse, tenu le même mercredi à leur siège à Kinshasa, la plate-forme de l'opposition « Forces acquises au changement » (Fac) a par contre émis des critiques à l'endroit de ce texte. Pour les Fac, cet accord ne prend pas toute la mesure de la gravité de la tragédie humaine, des dégâts écologiques énormes et de toutes les formes de violences faites à la femme en RDC.

«L'accord-cadre se penche principalement sur les conséquences de la crise, au lieu de s'appesantir sur les causes de celle-ci, que sont notamment la faiblesse ou l'absence de leadership au sein de l'Etat, la crise de légitimité des institutions consécutive à l'organisation chaotique des élections de novembre 2011», a déclaré le modérateur des Fac, Lisanga Bonganga. Pour lui, l'accord d'Addis-Abeba n'a nullement fait allusion à la nécessité de la préparation et l'organisation des cycles électoraux crédibles en vue de consolider la démocratie et créer des conditions des réconciliations nationales dans certains pays de la région, notamment au Rwanda et en Ouganda.

(Mise en perspective : Jeef Ngoy de Radio Okapi)

Classé sous L'info, Maintien de la paix.
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