Une voix pour les LGBT d'Afrique

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Notre coup de coeur aujourd’hui est sur la discrimination et la violence basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. En effet, Le Conseil des droits de l’homme tenait en mars dernier un débat sur la question. Un sujet qui soulève les passions, avec d’un côté des pays qui s’opposent à ce que la question même des droits LGBT soit débattue à l’ONU, et de l’autre, des appels à mettre fin à la violence qui menace la dignité, voire la survie, des homosexuels, bisexuels et transgenres.

Le Secrétaire général de l’ONU comprend que la question de l’orientation sexuelle est un sujet sensible. Mais du même souffle, Ban Ki-moon souligne la nécessité d’en parler puisque des vies sont menacées dans toutes les régions du monde. « La violence et la discrimination à l’égard des personnes qui sont perçues comme homosexuelles, bisexuelles ou transgenres entachent de façon monumentale notre conscience collective et sont une violation du droit international à laquelle le Conseil des droits de l’homme doit répondre », affirme-t-il.

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme, au moins 76 pays ont des lois qui criminalisent les relations homosexuelles entre adultes consentants ou qui sont appliquées de façon discriminatoire envers les personnes LGBT.

C’est une réalité que connaît bien Alexis Musanganya, Directeur général d’Arc-en-ciel d’Afrique, une organisation basée à Montréal, au Canada, et qui milite pour les droits des LGBT d’origine africaine. Rencontré au Siège de l’ONU à New York en décembre 2011, lors d’une table ronde sur la question des droits LGBT, il s'est dit très préoccupé par l’adoption récente, dans plusieurs pays africains dont le Nigéria, l’Ouganda, le Cameroun et le Sénégal, de nouvelles lois qui visent la population LGBT.

Alexis Musanganya, un Rwandais homosexuel qui a émigré au Canada à cause de la persécution dont il était victime dans son pays, se défend bien d’aller à l’encontre des valeurs africaines. Selon lui, les notions d’orientation sexuelle et d’identité de genre ne sont pas étrangères au continent. Les homosexuels ont toujours eu leur place dans les sociétés africaines et c’est l’homophobie qui serait une importation de l’Occident, découlant des suites de la colonisation, affirme-t-il.

S’il se félicite du fait que la question des droits LGBT soit enfin débattue aux Nations Unies, Alexis Musanganya se dit cependant très préoccupé par le sort des militants homosexuels sur le terrain. Son souhait serait de voir l’ONU offrir l’immunité, ou du moins une protection spéciale aux activistes.

(Interview : Alexis Musanganya, Directeur général d’Arc-en-ciel d’Afrique ; propos recueillis par Frédéric Choinière)

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16/04/2014
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