Soudan : inquiétudes du HCR face aux disparitions et enlèvements de réfugiés érythréens

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Des mineurs non accompagnés au camp de Shagarab dans l’est du Soudan (Photo: HCR/K.Ringuette).

Les Erythréens, qui ont fui leur pays, se révèlent une proie facile dans le désert soudanais pour les trafiquants qui les enlèvent et parfois les tuent, témoignent des réfugiés et le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Les bureaux du HCR au Soudan rapportent avoir recensé la disparition de 619 réfugiés ou requérants d'asile au cours des deux dernières années dont 551 allégations d'enlèvement en 2012.

Ces réfugiés tombent ainsi entre les mains de passeurs sans scrupule devenus des kidnappeurs capturant les jeunes fuyant l’Erythrée dans l’espoir de forcer leurs familles à payer une rançon contre leur remise en liberté.

Le HCR souligne que ces incidents ont un rapport avec la présence de groupes criminels et de ces tribus qui font du trafic humain entre une partie du Soudan et le Sinaï en Egypte.

Selon Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR, « le HCR est très préoccupé par le nombre croissant d'incidences d'enlèvements des réfugiés que ça soit dans les camps ou hors de ces camps.

Le HCR a dénoncé la situation désespéré de nombreux Erythréens ayant dû quitter leur pays, faisant état de réseaux criminels de trafiquant. Ces réfugiés sont kidnappés en vue d’une rançon et certains qui arrivent à rejoindre la péninsule du Sinaï, en Egypte, sont tués à des fins de trafic d’organes. « C'est un phénomène qui malheureusement prend de l'ampleur. Les réfugiés ou même les demandeurs d'asile sont kidnappés même quand ils arrivent à la frontière soudanaise ou alors quand ils se réfugient dans les camps », fait remarquer Fatoumata Lejeune-Kaba.

Le dernier épisode en date a eu lieu mardi dernier dans le camp de Chagarab, situé dans l’Etat frontalier du Kassala (nord-ouest). Cela a entraîné une riposte des réfugiés érythréens qui ont attaqué à leur tour des membres d'une tribu locale. Les réfugiés soupçonnent ces derniers d'être à l'origine de ces enlèvements

Pour faire face à cette situation « extrêmement grave », le HCR a indiqué que son organisme travaille avec les autorités soudanaises et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour renforcer la protection de ces réfugiés et combattre les bandes de trafiquants.

(Extrait sonore : Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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21/08/2014
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