PAC : le Parlement européen exhorté par un expert de l'ONU à réformer la politique agricole commune

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Olivier De Schutter, Rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation (Photo ONU/Jean-Marc Ferré)

Le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, a appelé jeudi le Parlement européen à prendre en considération les aspects liés au développement lorsque les amendements à la Politique agricole commune (PAC) européenne seront mis aux voix la semaine prochaine.

« La réforme de la PAC relève d’une importance énorme, non seulement pour les agriculteurs européens, mais pour des millions d’agriculteurs du monde entier qui sont affectés par les politiques de l’Union européenne », a affirmé Olivier de Schutter dans un communiqué de presse.

« Des considérations pour le développement devraient être une partie essentielle de la réforme de la PAC et le temps pour est compté pour y parvenir », a-t-il ajouté.

La PAC a pour objectif de veiller à ce que les agriculteurs européens produisent suffisamment de denrées alimentaires de bonne qualité, au développement des zones rurales de l’Union et au respect des normes environnementales et de respect des animaux.

En juin 2012, les membres du comité de développement du Parlement européen ont voté à l’unanimité en faveur d’une intégration de l’impact de la PAC sur le développement. Cependant, cette recommandation n’a pas été prise en compte dans les amendements proposés par le comité en décembre et qui seront mis aux voix la semaine prochaine.

« Les membres du Parlement européen doivent veiller à ce que les propositions soient conformes aux droit humain à l’alimentation et aux promesses de l’Union en matière de développement », a indiqué l’expert indépendant de l’ONU.

« Afin que la CAP soutienne les agriculteurs à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union, nous devons suivre de près les impacts des exportations et des importations européens sur les pays en développement, interroger les organisations agricoles des pays en développement, et réaliser une évaluation complète de l’impact sur le droit à l’alimentation », a-t-il souligné.

Olivier de Schutter a rappelé que l’article 21 du Traité fondamental de l’Union européenne exige que toute action soit basée sur le respect des droits de l’homme. Il a également cité la politique européenne de cohérence pour le développement mise en œuvre en 2005, qui vise à ce que toutes les politiques de l’Union ayant un impact externe contribuent à la lutte contre la pauvreté et à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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16/09/2014
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