Négociations RDC/M23 à Kampala : pas question d'une nouvelle transition, selon la RDC

Écouter /

(De g.à.d) Abbé Appolinaire Malu Malu, chef des experts et Raymond Tshibanda, ministre des Affaires étrangères de la RDC et chef de la délégation du gouvernement aux pourparlers avec le M23. Photo: Radio Okapi

Le chef de groupe d'experts de la délégation du gouvernement de la RDC, l'Abbé Apollinaire Malu Malu, a qualifié « de vaste blague » les revendications du M23 présentées pendant la plénière du mercredi 16 janvier à Kampala. La rébellion avait réclamé la mise en place d'un Conseil national de transition pour remplacer toutes les institutions de la RDC jusqu'à l'organisation de nouvelles élections.

Le M23 a dénoncé « des fraudes massives aux élections présidentielle et législatives de 2011 » et fustigé « le mauvais fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et de la Cour suprême de Justice (CSJ) ».

« Il n'est pas question de remettre en cause l'ordre constitutionnel et institutionnel de la République démocratique du Congo (RDC) », a répondu l'Abbé Malu Malu, estimant que le M23 est sorti du cadre défini par la Conférence internationale sur la région de grands lacs (CIRGL). Selon lui, ce cadre défini par les chefs d'Etat de la région limite le dialogue à l'évaluation de l'accord du 23 mars 2009 signé entre le gouvernement congolais et l'ancienne rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) dont est issu le M23.

« Toutes les propositions que vous avez reçues : Conseil national de transition, gouvernement d'union nationale, dissolutions des institutions, pour nous, c'est de la vaste blague. Ça n'à rien à voir avec notre dialogue et il n'en sera pas question », a ajouté le chef de groupe d'experts de la délégation du gouvernement de la RDC. Selon lui, la rencontre de Kampala « ne doit pas se pencher sur tous les problèmes de la RDC ». « Nous sommes là pour savoir pourquoi le M23 a pris les armes en violation de la constitution de la République et quelles sont les pistes pour y mettre fin. Nous ne sommes pas là à un forum qui va discuter de tous les problèmes de la RDC », a expliqué l'abbé Malu Malu qui s'étonne que la rébellion prenne le rôle du « procureur » : « Les choses doivent êtres claires. Le M23 a été reconnu comme une force négative. »

De leur côté, les rebelles proposent la mise d'un Conseil national de transition qui aurait cinq missions principales : la révision de la constitution, la formation d'un gouvernement de transition, la mise en place des autres institutions de la République, la restructuration de la 'Ceni' et l'organisation des élections générales. Ces rebelles réclament également l'annulation des résultats des élections présidentielle et législatives de novembre 2011, la dissolution du Sénat, la dissolution des assemblées provinciales ainsi que la démission des gouverneurs.

Le 16 janvier, le gouvernement congolais et le M23 ont adopté l'ordre du jour de leurs pourparlers qui devraient porter sur la revue de l'accord du 23 mars 2009, les questions sécuritaires, les questions sociales, politiques et économiques et le plan de mise en œuvre. Au sujet des questions sécuritaires, ce mouvement rebelle condamne « l'incapacité de l'armée, des services de renseignements et la police nationale de s'acquitter de leur mission régalienne » de sécuriser les personnes et leurs biens ainsi que celle de défendre l'intégrité du territoire.

(Extrait sonore : Abbé Apollinaire Malu Malu, chef du groupe d'experts de la délégation du gouvernement de la RDC à Kampala ; propos recueillis par Radio Okapi)

Classé sous L'info.
Le dernier journal
Le dernier journal
23/04/2014
Loading the player ...