Mali : la FIDH accuse des soldats maliens d'exécutions sommaires et réclame une enquête

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Zoulfa a fui son village de Souggan au Mali pour le nord du Niger (Photo : HCR/H. Caux)

La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a accusé mercredi des soldats de l’armée malienne d’avoir perpétré « une série d’exécutions sommaires » dans l’ouest et le centre du Mali et réclame la création immédiate d’une commission d’enquête indépendante. « La FIDH a pu établir qu’une série d’exécutions sommaires a été perpétrée par des éléments des forces armées maliennes, à partir du 10 janvier, particulièrement à Sévaré, Mopti, Nioro et d’autres localités situées dans les zones d’affrontements », a indiqué l’organisation de défense des droits de l’homme, dans un communiqué.

« Ces exactions entachent la légitimité de l’opération de restauration de l’intégrité du territoire et doivent faire l’objet de poursuites par la justice nationale et, le cas échéant, par la Cour pénale internationale qui a ouvert une enquête le 16 janvier sur la situation au Mali », a déclaré Sidiki Kaba, président d’honneur de la FIDH.

A Sévaré, au moins 11 personnes ont été exécutées dans le camp militaire, à proximité de la gare routière, et près de l'hôpital. Des informations crédibles font état d'une vingtaine d'autres cas d'exécutions dans la même localité où les corps auraient été enterrés en toute hâte notamment dans des puits.

Dans la région de Nioro, deux maliens d'origine touareg ont été exécutés par des soldats maliens. D'autres allégations d'exécutions sommaires continuent de nous parvenir de l'ensemble des zones de l'ouest et du centre du pays.

Par ailleurs, la FIDH fait état de l'enlèvement de l'imam Cheik Hama Alourou par des militaires maliens le 21 janvier au soir, à Gnimi Gnama, un village entre Bore et Douentza.

A Bamako, la FIDH dénonce des « actes de pillages et d’intimidations » lors de perquisitions par l’armée malienne dans une dizaine d’habitations de Touareg dans la semaine du 14 janvier.

Les victimes de l'ensemble de ces exactions sont des personnes : accusées d'être complices des djihadistes ou des infiltrés, des personnes en possession d'armes, des individus ne pouvant justifier de leur identité lors de contrôles de l'armée, ou simplement en raison de leur appartenance ethnique et communément appelés les « peaux claires ».

Une intervention militaire française a débuté le 11 janvier pour aider les forces armées maliennes à reconquérir le Nord du pays, occupé par des groupes islamistes radicaux depuis dix mois.

La FIDH appelle les autorités maliennes, françaises et la communauté internationale «à immédiatement mettre en place une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur ces exactions ».

La FIDH appelle à la mise en œuvre urgente du volet de formation aux droits de l'Homme des forces armées et des mécanismes spécifiques de documentation et de protection en matière de droits de l'Homme prévus par la Résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies.

(Extrait sonore : Me Sidiki Kaba, président d’honneur de la Fédération internationale des droits de l’homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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25/12/2014
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