Grèce : un groupe d'experts de l'ONU encourage le gouvernement à améliorer les conditions de détention des demandeurs d'asile

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Un groupe d’experts indépendants des Nations Unies a appelé jeudi la Grèce à améliorer les conditions de détention des migrants et à appliquer avec diligence une législation récemment promulguée pour renforcer les procédures de demande d’asile.

« Dans la plupart des centres où nous nous sommes rendus, les conditions de détention sont loin de respecter les normes internationales des droits de l’homme, notamment en raison d’une surpopulation alarmante », a noté Vladimir Tochilovsky, l’un des membres du Groupe de travail sur la détention arbitraire, lors de la conférence de presse qu’il a donnée à Athènes. 

Le Groupe, qui vient de conclure une mission de 11 jours en Grèce, a constaté par exemple que des personnes en détention provisoire partageaient les mêmes cellules que des individus jugés et condamnés, ou que des migrants en situation irrégulière étaient incarcérés avec des criminels, au mépris des normes internationales pertinentes, mais aussi de la loi grecque elle-même. 

Les détenus sont incarcérés pendant des mois dans des stations de police ou de gardes-frontières, alors que ces locaux ne sont prévus que pour des détentions d’une durée maximale de 24 heures », a poursuivi M. Tochilovsky. « La situation touche également le droit des personnes en détention provisoire de préparer correctement leur défense judiciaire alors que ces locaux sont privés de pièces leur permettant de communiquer avec leurs avocats. » 

Au cours de cette visite, le groupe de travail a rencontré des détenus, découvrant que peu d’entre eux étaient informés de leurs droits à une assistance juridique gratuite. 

Les experts ont également relevé le manque d’examen judiciaire, ainsi que la durée excessive des détentions, qui relèvent de la privation arbitraire de liberté. « L’emprisonnement de migrants ou d’un demandeur d’asile jusqu’à 18 mois, dans des conditions parfois pires que celles de prisons normales, peut être assimilé à une forme de punition contre une personne qui ne s’est pas rendue coupable d’un crime », a expliqué l’expert. 

Le groupe s’est entretenu avec les autorités grecques, ainsi qu’avec des représentants des milieux juridiques, de la société civile et d’organisations internationales. Ils ont également été autorisés à visiter des centres de détention à Athènes, Alexandroúpolis, Orestiada, Komotiní, Soufli, Thessalonique et sur l’île de Samos. 

M. Tochilovsky a toutefois salué l’adoption récente de réformes législatives, rendant hommage au gouvernement pour la création d’un département chargé de l’encadrement des procédures de demandes d’asile, qui sera indépendant de la police et administré par des personnels civils spécialisés. 

Les experts indépendants ou rapporteurs spéciaux, sont nommés par le Conseil des droits de l’homme afin d’examiner la situation dans un pays donné ou une question spécifique, quel que soit le pays. Les experts ne font pas partie du personnel des Nations Unies et ne sont pas rémunérés pour leur travail, qu’ils effectuent à titre bénévole.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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23/07/2014
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