Corée du Nord : Navi Pillay réclame plus d'attention et une enquête sur les violations des droits de l'homme

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La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme appelle la communauté internationale à redoubler d'efforts afin de s'attaquer à la situation déplorable des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC). Dans un communiqué rendu public ce lundi à Genève, Navi Pillay souligne que le temps était venu pour une enquête internationale exhaustive sur les crimes graves qui se déroulent dans le pays depuis des décennies.  

La Chef des droits de l'homme de l'ONU se dit aussi préoccupée par le fait que, sur le plan international, l'attention se porte presque exclusivement sur le programme nucléaire de la RPDC et sur les tirs de fusées. « Bien que ces problèmes soient évidemment d'une très grande importance, ils ne devraient pas éclipser la situation déplorable des droits de l'homme en RPDC, qui d'une manière ou d'une autre, affecte presque l'ensemble de la population et n'a aucun équivalent ailleurs dans le monde» a-t-elle déclaré.

En décembre dernier, la Haut-Commissaire a rencontré deux survivants du réseau sophistiqué de camps de prisonniers politiques mis en place par la RPDC, camps où se trouveraient 200 000 personnes, voire plus. « Leurs histoires personnelles étaient extrêmement déchirantes », a-t-elle dit. « Ils ont décrit un système qui est l'antithèse même des normes internationales en matière de droits de l'homme. Les conditions de vie dans les camps seraient atroces, avec un approvisionnement en nourriture totalement insuffisant, des soins médicaux limités voire inexistants et un manque de vêtements. Une mère m'a décrit comment elle avait dû emmailloter son bébé dans des feuilles à la naissance et, plus tard, lui fabriquer une couverture en cousant des vieilles chaussettes. »

 « Le système de camps implique des violations généralisées, dont des tortures et d'autres formes de traitements cruels et inhumains, des exécutions sommaires, des viols, du travail forcé et des formes de punition collective qui peuvent constituer des crimes contre l'humanité », a indiqué Navi Pillay. « La peine de mort semble être appliquée pour des délits mineurs et souvent au terme de procédures judiciaires totalement inadéquates, et parfois même sans aucune procédure judiciaire », a dit Navi Pillay.»

La Haut-Commissaire a aussi précédemment rencontré des familles de citoyens japonais enlevés par des agents de la RPDC sur une période couvrant de nombreuses années – en particulier pendant les années 70 et 80 – et dont le sort reste inconnu. « Soixante ans après la guerre, le sort de dizaines de milliers de familles séparées entre le Sud et le Nord par le conflit reste aussi largement non résolu », a-t-elle ajouté.

Notant que le Conseil des droits de l'homme et l'Assemblée générale ont adopté de fortes résolutions, sans vote, condamnant le gouvernement pour les violations systématiques des droits de l'homme commises, la Haut-Commissaire a déclaré qu'il était temps de prendre des mesures plus fortes et qu'un premier pas significatif pourrait être franchi par la mise en place d'une enquête internationale indépendante « sur l'une des situations des droits de l'homme les pires au monde – mais aussi l'une des moins comprises et signalées – est non seulement pleinement justifiée mais qu'elle aurait dû être menée depuis longtemps. »

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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23/07/2014
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