Conseil des droits de l'homme : le Mali veut éviter tout amalgame entre les « terroristes » et le reste de la population

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Malick Coulibaly, Ministre de la justice du Mali (Photo: ONU/JM Ferrer)

Le Conseil des droits de l'homme a examiné, ce mardi 22 janvier à Genève, le rapport du Mali, dans le cadre de l'examen périodique universel. Une occasion pour le Ministre de la Justice de « réaffirmer l'attachement indéfectible et indissoluble de Bamako aux droits humains ». Cette sortie de Malick Coulibaly entend surtout rassurer les partenaires du Mali au moment où plusieurs organisations non gouvernementales alertent contre tout acte de représailles contre les Touaregs ou les minorités arabes.

Ainsi si des pays ont réaffirmé leur engagement à soutenir le Mali dans le rétablissement  de son intégrité territoriale et sa lutte contre les groupes terroristes, ils se sont toutefois préoccupés des nombreuses exactions commises  par les groupes armés au nord mais aussi les violations de droits de l'homme commises par l'ex junte à Bamako.

Face aux allégations d'arrestations arbitraires, d'attaques et d'exécutions sommaires de Touaregs par les soldats maliens et des milices pro-gouvernementaux au Sud et au Nord du Mali, le Ministre rappelle que les autorités de transition ont sensibilisé la population d'une manière générale et les forces de sécurité d'une manière particulière afin qu'elles ne fassent pas d'amalgames entre les terroristes et le reste de la population. « Le Gouvernement du Mali l'a toujours dit, le Mali est en guerre mais le Mali n'est pas en guerre contre une religion, il n'est pas en guerre contre une race, il n'est pas en guerre contre une ethnie, il est en guerre contre des gens qui l'ont agressé », tranche le Garde des sceaux maliens. Et Malick Coulibaly de rappeler que c'est le « droit le plus absolu du Mali de défendre  les pauvres populations qui n'ont rien demandé que de vivre en paix dans leur conviction religieuse ».

Bamako donne ainsi des gages à ses partenaires  et « la disponibilité constante des autorités de la transition de mener ou de faire mener les investigations (via la Cour pénale internationale) sur les crimes commis aussi bien au nord qu'au sud du pays ».

La France avait d'ailleurs recommandé à Bamako « de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher les actes de représailles et de violences intercommunautaires et de désarmer les milices ».

Mais pour Bamako, les actions militaires en cours ont pour but de permettre au Mali de recouvrer l'intégrité territoriale et abréger les souffrances  que subissent les populations du Nord. « La présente session m'offre l'opportunité de réaffirmer l'attachement indéfectible et indissoluble aux droits humains. En effet le respect des droits de l'homme a été et demeure  une constante de la politique du Mali », a réaffirmé le Garde des sceaux.

(Extrait sonore : Malick Coulibaly, Ministre de la justice du Mali)

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24/07/2014
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