Bahreïn et Qatar : l'ONU s'inquiète de la situation des droits de l'homme

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Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a exprimé mardi sa déception devant la décision du Bahreïn de confirmer les condamnations de militants des droits de l’homme, en dépit des recommandations d’un panel indépendant et d’appels répétés de la communauté internationale.

« Nous regrettons la décision de la Cour suprême du Bahreïn de confirmer lundi les condamnations de 13 militants pour leur rôle dans les manifestations en faveur de la démocratie, après deux années de procès et en dépit des conclusions de la Commission d’enquête indépendante du Bahreïn et des appels de la communauté internationale portants sur la procédure judiciaire et les accusations de torture », a déclaré la porte-parole du HCDH, Cécile Pouilly, lors d’une conférence de presse donnée à Genève.

« Ces personnes sont des militants des droits de l’homme et nous sommes préoccupés par le fait qu’ils ont été probablement condamnés à tort pour des activités légitimes, ainsi que par l’extrême sévérité de certaines peines, en particulier l’emprisonnement à vie », a-t-elle ajouté.

Le HCDH a également condamné la détention arbitraire du Vice-Président du Centre des droits de l’homme de Bahreïn, Saïd Yousif Al-Muhafdhah, arrêté le 17 décembre dernier alors qu’il surveillait le déroulement d’une manifestation dans la capitale Manama. Saïd Yousif Al-Muhafdhah avait dénoncé sur le réseau social Twitter les exactions des forces de sécurité et posté la photo d’un manifestant blessé. Le bureau du procureur se penchera sur son cas demain.

Par ailleurs, le HCDH s’est déclaré extrêmement préoccupé par la situation de Mohammed Al-Ajami, un poète renommé du Qatar qui purge une peine de prison à vie pour avoir écrit un poème jugé insultant les symboles de cette nation du Golfe et encourageant le renversement de son système gouvernemental

Selon certaines informations, des informations font état du placement du poète en cellule d’isolement, en dépit de l’arrêt d’un tribunal en faveur de conditions de détention normales.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par l’iniquité de ce procès, notamment s’agissant du droit à la défense », a ajouté la porte-parole du HCDH, Cécile Pouilly, aux journalistes de Genève. « Il a été marqué par de nombreux vices de procédures et plusieurs de ses séances ont été tenues à huis clos. La déclaration initiale de Mohammed Al-Ajami aurait été altérée pour l’accuser à tort d’avoir récité son poème en public.

Selon Cécile Pouilly, un second appel de cette condamnation est prévu pour le 27 janvier. Le HCDH continuera à se suivre cette situation de près.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

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17/04/2014
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