Arabie saoudite : l'ONU condamne fermement l'exécution d'une jeune travailleuse domestique sri lankaise

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Le Secrétaire général Ban Ki-moon

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Christof Heyns, son homologue sur la torture, Juan Mendez, et d’autres, ont exprimé vendredi leur indignation par la décapitation en Arabie saoudite le 9 janvier de la travailleuse domestique et ressortissante du Sri Lanka, Rizana Nafeek, accusée d’avoir tué un bébé.

« Le Secrétaire général est consterné par cette exécution », a déclaré le porte-parole de Ban Ki-moon. « Il est préoccupé par les informations faisant état de irrégularités dans le procès de l’accusée et dans sa détention, ainsi que la multiplication des exécutions en Arabie saoudite ».

Rizana Nafeek était mineure au moment des faits en 2005 et selon elle, le bébé est mort asphyxié en mangeant. La jeune femme a été exécutée par les autorités saoudiennes malgré les nombreux appels de la communauté internationale, qui exprimaient de sérieuses préoccupations concernant le jeune âge de la victime, les injustices du procès et la méthode d’exécution qui constituent des violations des traités internationaux dont l’Arabie saoudite est État partie.

« Le droit international, accepté comme contraignant par l’Arabie saoudite, stipule clairement qu’il est interdit d’exécuter une personne âgée de moins de 18 ans au moment du crime », a rappelé Chrstof Heyns. « Par ailleurs, la décapitation est une méthode d’exécution particulièrement cruelle ».

De son côté Juan Mendez a indiqué que lors du procès en appel devant la Haute cour à Riyadh, la défense de l’accusé a déclaré que Rizana Nafeek avait été battue et contrainte à signer un aveu.

« Son exécution est clairement une violation de la Convention des droits des enfants et de la Convention contre la torture », a souligné Juan Mendez. Les experts indépendants de l’ONU ont d’ailleurs rappelé qu’ils avaient envoyés des appels au gouvernement saoudien à deux reprises, en 2007 et 2010.

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme des migrants, François Crépeau, a lui aussi souligné que Rizana Nafeek n’avait pas eu un accès suffisant aux avocats et qu’elle n’avait pas bénéficié du soutien d’interprètes compétents lorsqu’elle fut interrogée et pendant son procès.

« Avec le nombre important de femmes migrantes travaillant comme domestiques en Arabie saoudite il est d’une grande importance que des lois transparentes soient mis en place pour assurer que les droits et les garanties légales soient accordés à tous en Arabie saoudite, quelle que soit leur nationalité ou leur statut », a souligné M. Crépeau.

Le Président du Sri Lanka, Mahinda Rajapaksa, avait envoyé un appel au roi Abdullah le janvier 2013 pour demander un sursis à l’exécution pour permettre la recherche d’une solution entre la famille du bébé et un comité de réconciliation saoudien, mais l’appel est resté sans réponse du monarque saoudien.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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19/08/2014
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