Traité sur les mines antipersonnel : Conférence à Genève pour renforcer la Convention d’Ottawa

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Champs de mines en Angola: seuls 19 Etats ont déclaré que leurs territoires étaient exempts de mines (Photo: ICBL)

La 12e Assemblée des Etats parties la convention sur l’interdiction des mines antipersonnel ou convention d’Ottawa s'est ouverte ce lundi 3 décembre à Genève. Jusqu’au 7 décembre, une centaine de représentants de gouvernements sont attendus, dont des représentants de pays qui n’ont pas ratifié le traité, comme les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Vietnam et le Myanmar. Selon les experts de l’ONG Campagne internationale pour l’interdiction des mines (ICBL) chargés de vérifier l’application de cette convention établie en 1997, 160 pays ou plus de 80% des pays du monde ont adhéré au Traité.

Une cérémonie d’inauguration s’est tenue au Palais des Nations en présence des chefs de la diplomatie suisse, Didier Burkhalter, et slovène, Karl Erjavec, de la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, du patron du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, et de la co-lauréate du Prix Nobel de la paix 1997, Jody Williams (ICBL).

Le Ministre suisse des affaires étrangères a rappelé que près de 45 millions de mines antipersonnel stockées ont été détruites, leur commerce a quasiment cessé et ces engins sont désormais presque mondialement stigmatisés. « Ce succès réel n’est toutefois qu’un succès d'étape. Il reste beaucoup à faire », a ajouté Didier Burkhalter,

La Suisse a ainsi affiché sa volonté de confirmer et d’étendre la Convention d’Ottawa interdisant les mines antipersonnel. Le conseiller fédéral Didier Burkhalter a souhaité que davantage d’Etats ratifient ce texte, signé exactement il y a quinze ans. Le succès de la Convention n’est toutefois qu’un succès d’étape et il reste beaucoup à faire, a affirmé M. Burkhalter. Trente-six Etats n’y ont toujours pas adhéré, a relevé le conseiller fédéral. Il faut les convaincre qu’en continuant de produire et de poser des mines antipersonnel, ils piègent leur propre avenir, a-t-il dit.

A ce jour, 19 Etats ont déclaré que leurs territoires étaient exempts de mines et quatre Etats supplémentaires – la République du Congo, le Danemark, la Jordanie et l’Ouganda – devraient annoncer lors de la conférence avoir achevé le déminage de leur territoire.

Mais l’ICBL souligne que de « graves inquiétudes » seront aussi soulevées à Genève concernant l’utilisation de mines antipersonnel par la Syrie en 2012 — le seul pays à l’avoir fait cette année — et par des acteurs non-étatiques dans six pays (Afghanistan, Colombie, Myanmar, Pakistan, Thaïlande et Yémen).

En outre, trois Etats parties sont toujours en violation du Traité, ayant dépassé la date limite pour détruire leur stock de mines antipersonnel: le Belarus, la Grèce et l’Ukraine. De plus, les experts déplorent le nombre élevé de demandes continuelles des Etats parties d’extension des délais pour le déminage: le chiffre total devrait dépasser les 30 Etats, avec quatre nouvelles requêtes attendues lors de la 12ème Assemblée.

(Extrait sonore : Didier Burkhalter, conseiller fédéral et Ministre des affaires étrangères de la Suisse)

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24/04/2014
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