RDC: un camp de déplacés près de Goma attaqué par des hommes armés

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Un volcan surplombe ce camp de Mugunga III attaqué par des hommes armés ce week end (Photo : HCR/F. Noy)

Le camp de déplacés de Mugunga III, près de Goma, a été attaqué par des hommes armés dans la nuit de samedi à dimanche. L’attaque de ce camp situé à une dizaine de kilomètres de Goma, n’a pas fait de morts. Mais le porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Kinshasa, Simplice Kpandji, a évoqué des viols et des pillages après cette attaque, dans l’est de la République démocratique du Congo.

C'est la première attaque contre un camp de déplacés depuis le retrait des rebelles du M23, et dont les auteurs n’ont pas été identifiés.

Selon les témoignages des déplacés recueillis par les humanitaires, « des militaires sont entrés dans le camp par deux axes. Ils ont pris des vivres, des téléphones, de l’argent et même des habits ».  Au moins, six cas de viols ont été signalés. Les habitants du camp racontent également que des jeunes ont été emmenés de force pour servir de porteurs aux pillards. Par chance, « tous ces captifs semblent être revenus ».

Dans un communiqué rendu public hier dimanche, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires rappelait que douze jours après la prise de Goma par le mouvement rebelle du M23, la situation humanitaire et de protection dans la province du Nord-Kivu reste extrêmement préoccupante. Au moins 130 000 personnes sont encore déplacées dans la zone de Goma, dans différents sites spontanés et camps organisés. La majorité de ces personnes ont fui les affrontements de ces deux dernières semaines pour se réfugier dans et autour de Goma.

Une partie des déplacés a déjà choisi de quitter certains camps surpeuplés de Goma pour retourner dans leurs zones d'origine – où les combats se sont arrêtés. Le HCR indique que plus de 6.100 familles, soit au moins 20.000 déplacés, ont déjà quitté des camps de déplacés ou des abris de fortune pour rentrer dans leurs foyers à Rutshuru.

Cependant, en parallèle, ce sont des milliers de personnes qui continuent de fuir les attaques brutales de groupes armés qui se multiplient dans d'autres zones du Nord Kivu, en particulier le Masisi. Dans ce contexte, la situation va demeurer volatile et des centaines de milliers de personnes vont rester vulnérables et en besoin d'aide d'urgence pour leur survie.

Dans l'immédiat, les acteurs humanitaires affichent leur volonté de redoubler d'efforts sur le terrain pour apporter une aide humanitaire d'urgence aux personnes qui en ont le plus besoin. De l'eau, des vivres, des soins médicaux notamment pour les blessés de guerre, ou encore des biens de première nécessité, continuent à être apportés quotidiennement aux personnes déplacées par les nombreuses ONGs et agences des Nations unies opérant sur place. Les actions de protection humanitaire, telles que l'assistance aux victimes de violences sexuelles ou la réunification familiale des enfants séparés, sont également essentielles dans ce contexte. Les humanitaires vont également faire face à un défi supplémentaire avec la contamination de nombreuses zones – notamment au nord de Goma – par des restes d'explosifs de guerre.

(Interview : Simplice Kpandji, porte-parole du HCR en RDCongo ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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21/11/2014
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