OIT : baisse des salaires dans les pays développés et hausse dans les pays émergents en 2011

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Des travailleurs des bâtiments, un des secteurs touchés par la crise en Europe (Photo : BIT/B. Bernardes).

Les salaires ont baissé de -0,5% en 2011 dans les pays développés, alors qu’ils ont augmenté dans les pays émergents, tels qu’en Asie (+5%). Selon un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) publié ce vendredi à Genève, les salaires ont progressé à l’échelle mondiale à un rythme beaucoup plus faible qu’avant la crise, virant même au rouge dans les pays développés. Pour Guy Ryder, Directeur général de l’OIT, « ce rapport montre clairement que dans de nombreux pays, la crise a eu un impact très conséquent sur les salaires, et par extension sur les salariés ».

Globalement, tous pays confondus, les salaires mensuels ont augmenté de 1,2% en 2011, à comparer avec +2,2% en 2010. Ainsi en Afrique, la hausse a été l’an dernier de 2,1%, et +5,2% en Europe centrale et en Asie centrale. En Amérique Latine et aux Caraïbes, les salaires ont progressé de 2,2%, et au Moyen-Orient, ils ont reculé de -0,2%.

Le rapport souligne des différences énormes entre les différents pays et régions du monde, les salaires ayant tendance à augmenter dans les endroits où la croissance économique est la plus forte. Les différences entre les régions sont particulièrement marquées si l'on observe la croissance salariale de 2000 à 2011. A l'échelle mondiale, les salaires ont augmenté d'un peu moins d'un quart. En Asie, ils ont presque doublé. En Europe orientale et en Asie centrale, ils ont pratiquement triplé, mais ceci suite à de fortes chutes dans les années 90. Et dans les pays en développement, ils ont augmenté de 5 pour cent seulement.

Le rapport met également en évidence de récentes études montrant que les salaires ont augmenté à un rythme inférieur à celui de la productivité – c’est-à-dire la valeur des biens et services produits par personne employée – ces dernières décennies dans une majorité de pays pour lesquels on dispose de chiffres.

En Grèce par exemple, le salaire minimum a été amputé de 22 pour cent de sa précédente valeur. Cela faisait partie des conditions définies par les créanciers publics pour débloquer les fonds de sauvetage.

Par ailleurs, l'OIT note que « la vérité est que le nombre de travailleurs pauvres reste extrêmement élevé dans les pays en développement. Les derniers chiffres montrent que des centaines de millions de salariés dans les économies en développement gagnent moins de 2 dollars par jour ». Mais ce n'est pas seulement dans les économies en développement que certains salariés vivent dans la misère. Les travailleurs pauvres représentent plus de 7 pour cent de l'ensemble des travailleurs aux Etats-Unis et 8 pour cent en Europe.

Dans ses recommandations, l'OIT demande à ses 185 Etats Membres d'adopter des politiques en matière de salaire minimum comme moyen de réduire la pauvreté au travail et d'offrir une protection sociale aux employés vulnérables. Enfin, l’OIT lance un appel dans ce rapport à la fixation de salaires minima, une mesure indispensable pour enrayer la pauvreté au travail. « Les salaires minimaux contribuent à protéger les salariés faiblement rémunérés et à prévenir une chute de leur pouvoir d’achat », a déclaré Guy Ryder.

(Extrait sonore : Patrick Belser, Economiste à l'OIT ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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01/08/2014
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