Egypte: appel de la Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme

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Navi Pillay, la Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme s’est déclarée vendredi très alarmée face aux violences en Egypte et souligne un certain nombre de “problèmes majeurs” avec le projet de constitution qui sera soumis à référendum.

Mme Pillay salue dans un communiqué à Genève les offres de dialogue du président Mohamed Morsi mais “regrette l’absence de progrès quant aux questions essentielles relatives à la Constitution”.

Elle indique que son bureau “analyse méticuleusement le contenu du projet ainsi que son processus de préparation”.

“L’absence de participation de divers acteurs en Egypte dans le processus de préparation est un sujet de grave préoccupation et l’une des raisons principales de la situation désastreuse qui se développe en Egypte ces deux dernières semaines”, souligne Mme Pillay.

Elle relève des points positifs dans le projet comme la limitation à deux mandats de quatre ans pour le président ou le droit d’établir des associations et des institutions civiles mais elle relève “des omissions et des ambigüités inquiétantes, et dans certains cas les protections prévues sont plus faibles que celles de l’actuelle constitution de 1971 qu’elle est supposée remplacer”.

“Je suis particulièrement préoccupée, par exemple, par l’absence dans le projet actuel de la moindre référence aux traités internationaux sur les droits de l’homme que l’Egypte a ratifiés”, dit-elle alors qu’ils sont mentionnés dans la constitution de 1971.

Le projet n’interdit pas explicitement les discriminations sur la base du sexe, de la religion ou de l’origine ce qui ouvre la porte “à des violations par l’Egypte des obligations selon les lois internationales de respecter le droit de chacun à la liberté de pensée, de conscience et de religion”, poursuit la Haut Commissaire.

Elle s’interroge également sur le rôle du Conseil national des médias quant à la liberté de la presse .

Mme Pillay met également en avant la question de la nomination par le président des juges de la cour suprême constitutionnelle et de l’indépendance de la justice, de l’exclusion pour dix ans de toute activité politique des dirigeants de l’ancien parti au pouvoir.

“La hâte avec laquelle l’assemblée constituante a adopté le texte pour l’action présidentielle (…) soulève la question de la crédibilité du processus et a contribué au chaos au Caire et dans d’autres villes”, ajoute Mme Pillay en appelant “des mesures urgentes pour restaurer la confiance dans le processus et dans la nouvelle constitution”.

(Interview Cecile Pouilly,Porte parole au Haut- Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme; propos recueillis par Alpha Diallo)

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30/10/2014
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