Assemblée générale : renouveler le plaidoyer en faveur du droit de la mer

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Réunie pour célébrer le 30ème anniversaire de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, l'Assemblée générale des Nations Unies, Ban Ki-moon et le Président de la troisième Conférence des Nations Unies sur le droit de la mer, n'ont eu de cesse de renouveler le plaidoyer sur la protection de l'environnement marin en tant que patrimoine précieux de l'humanité.

À l'unanimité, les participants à cette réunion de l'Assemblée générale de l'ONU, ont rendu hommage à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, instrument fondateur pour la communauté internationale en matière de protection de la mer, des océans et des fonds marins.

Lors de son intervention, Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unies, a reconnu que la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer est le cadre juridique qui inspire tous les aspects de la gestion des océans et que les défis doivent être abordés dans leur ensemble.

Le processus pour parvenir à la Convention a été aussi important que la Convention elle-même, a fait remarquer le Secrétaire général. Cet instrument « illustre le pouvoir de la négociation internationale, des négociations multilatérales et du consensus », a-t-il ajouté.

Ban Ki-moon a rendu hommage aux pionniers qui ont élaboré ce traité. La codification du droit de la mer est un cadre juridique évolutif qui a permis de régler des litiges, d'établir les limites des plateaux continentaux et de gérer les ressources des mers et des océans, ce qui contribue à la paix et à la sécurité partout dans le monde.

Soulignant l'importance des efforts entrepris pour protéger les fonds marins et garantir un ordre économique équitable, le Secrétaire général a ajouté que « la Convention est un outil utile au développement durable », comme cela a été dit à Rio+20.

Le Secrétaire général s'est félicité de voir croître sans cesse l'appui à la Convention, qui compte aujourd'hui, après 30 ans de réussite, 164 parties, soit 163 États et l'Union européenne.

Face aux nombreux défis, « il nous faut mettre en œuvre pleinement la Convention », a conclu Ban Ki-moon.

De son côté, Tommy Koh, Ministre des affaires étrangères de Singapour et Président de la troisième Conférence des Nations Unies sur le droit de la mer, a commencé par faire remarquer que 32 États Membres des Nations Unies, dont les États-Unis, ne sont pas parties à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

« La Convention est devenue la Constitution des océans et des mers », a déclaré Tommy Koh. Elle a établi un ordre juridique maritime stable et maintenu la paix en mer. Les seules régions du monde où des différends maritimes seraient de nature à menacer la paix internationale sont la mer de Chine de l'Est et la mer de Chine méridionale, a-t-il dit, en appelant les États concernés à résoudre pacifiquement leurs différends par les négociations, ou, le cas échéant, en se tournant vers le Tribunal international du droit de la mer ou la Cour internationale de Justice (CIJ).

Tommy Koh a souligné que la Convention représente un équilibre délicat entre les intérêts de tous les États du monde. Cet équilibre a été atteint grâce à un processus ouvert, transparent et inclusif, a-t-il rappelé. Par conséquent, « nous devons éviter de saper l'intégrité de la Convention en agissant à la limite de la légalité pour promouvoir nos intérêts nationaux à court terme », a-t-il averti en citant quelques exemples.

Par ailleurs, le Ministre a salué l'initiative du Secrétaire général des Nations Unies qui a lancé le Pacte pour les océans, lors de la Conférence internationale de Yeosu, le 12 août dernier. Ce Pacte a trois objectifs: protéger les peuples vulnérables et améliorer la santé des océans; protéger, restaurer et assurer la durabilité de l'environnement et des ressources naturelles des océans; renforcer la connaissance et la gestion des océans.

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a déjà attiré l'attention de la communauté internationale sur la crise des activités de pêche, a rappelé Tommy Koh. Cette crise a été causée par la surpêche.

De même, le lien entre les changements climatiques et les océans n'est pas suffisamment bien compris. Les océans sont « les poumons bleus de la planète » et jouent un rôle important dans la régulation du système climatique mondial. Ainsi, la montée du niveau de la mer est-elle un problème bien réel, a-t-il poursuivi. À ce sujet, il faut écouter l'appel des petits États insulaires en développement.

« Les océans sont notre dernière frontière », a conclu Tommy Koh. Or nous en savons moins sur les océans que sur l'espace extra-atmosphérique. Il a proposé que l'Université des Nations unies (UNU) encourage la recherche sur les océans et la promotion du droit de la mer.

(Mise en perspective : Maha Fayek)

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25/12/2014
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