Syrie : un processus de paix négocié reste la seule option viable, rappelle Lakhdar Brahimi

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Lakhdar Brahimi, Représentant Spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des Etats arabes sur la Syrie (UN Photo)

L'Assemblée générale a entendu ce matin Lakhdar Brahimi, le Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la Syrie dans le cadre d'une réunion informelle consacrée à la crise syrienne. De la tribune de l'Assemblée, le diplomate algérien, après avoir évoqué les conséquences humanitaires, diplomatiques et politiques de la crise qui dure depuis maintenant 20 mois, a souligné qu'un processus de paix négocié est la seule option viable pour mettre un terme à la tragédie actuelle, répondre aux aspirations légitimes du peuple syrien, éviter le chaos et de voir émerger des seigneurs de guerre, divers dangereux trafics, sans compter les risques de conflits communautaires et sectaires. Mais pour qu'un tel processus réussisse, plusieurs conditions doivent être remplies.

Ainsi, pour Lakhdar Brahimi, tout processus de paix doit inclure nécessairement un accord contraignant sur la cessation de toutes les formes de violence. Il a rappelé qu'il n’y a pas de confiance entre les parties, que pour que les hostilités s'arrêtent, il faut instaurer un solide système d’observation bien planifié. Or, un tel système d'observation ne peut être mieux organisé que par un une Force de maintien de la paix robuste, qui ne peut naturellement être envisagée sans une résolution du Conseil de sécurité. Un autre élément constitutif nécessaire est en passe de se réaliser: et c’est l’unité de l’opposition. Aussi, l'Accord de Doha est une étape importante dans la bonne direction.

Pour Lakhdar Brahimi, il y a d’autres éléments constitutifs qui doivent faire partie du groupe de mesures nécessaires pour lancer un processus politique qui aurait une chance réelle de succès. En plus des mesures pour mettre fin à la violence, d’autres éléments essentiels et primordiaux – également partie du document de Genève – sont l'Organe transitoire de gouvernance avec les pleins pouvoirs exécutifs au début du processus et l’élection à la fin du processus.

Auparavant, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, avait pris la parole et déploré le niveau de brutalité et de violence atteint par le conflit en Syrie qui dure depuis 20 mois. Renvoyant dos à dos gouvernement et opposition, Ban Ki-moon a indiqué que les dernières estimations, bien qu'invérifiables, font état de 40 000 morts. Ban Ki-Moon qui a informé les États Membres de la visite qu'il effectuera la semaine prochaine dans des camps de réfugiés en Jordanie et en Turquie, a mis l'accent sur le sort des quelque quatre millions de personnes qui vont avoir incessamment besoin d'une aide humanitaire alors que la rigueur de l'hiver s'intensifie.

Selon le Secrétaire général, la formation d'une coalition de l'opposition pourrait constituer une importante étape en vue d'un processus politique général et inclusif. Ban Ki-Moon a insisté sur la nécessité d'un dialogue politique et de négociations en offrant de nouveau la facilitation des Nations Unies. Il importe désormais que chaque partie prenne les mesures nécessaires.

Le Représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, est ensuite intervenu. Il a notamment indiqué que son pays réitère son soutien aux efforts déployés par Lakdhar Brahimi et à la mise en œuvre du plan élaboré par son prédécesseur, Kofi Annan….

Il a regretté que l'offre de son gouvernement d'entamer un dialogue n'ait jamais trouvé d'écho auprès des leaders de l'opposition et qu'aujourd'hui se profile à l'horizon la création d'un État islamiste en Syrie.

(Extrait sonore : Lakhdar Brahimi, Représentant conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la Syrie)

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18/04/2014
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