Soudan : la MINUAD presse les combattants au Darfour de reconnaître que les violences sont une impasse

La Représentante spéciale par intérim de l’Opération hybride Nations Unies-Union africaine au Darfour (MINUAD) a appelé lundi le gouvernement soudanais et les groupes armés de la région à reconnaître que les combats qu’ils se livrent ne causent préjudice qu’au peuple du Darfour.

Aichatou Mindaoudou – qui est également Médiatrice en chef conjointe – a lancé cet appel alors que les combats qui se sont déroulés le 9 novembre dernier entre les forces armées soudanaises et un groupe armé inconnu, situé près de Shangil Tobaya, dans le nord du Darfour, s’inscrivent selon elle dans le cadre d’un cycle de conflit qui dure depuis des mois.

Aichatou Mindaoudou « exhorte toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités, à respecter les droits humains internationaux et le droit humanitaire, et à s’engager pleinement dans un règlement pacifique du conflit » souligne un communiqué de presse de la MINUAD.

Les personnels soignants de la mission ont porté secours aux combattants blessés vendredi, avant de répondre à une demande d’évacuation aérienne en direction d’El Fasher, la capitale soudanaise du Nord Darfour, où les victimes ont reçu des soins additionnels.

La fourniture d’une assistance médicale aux combattants de tous bords est une exigence du droit humanitaire international et fait partie intégrante du mandat de la MINUAD.

Un conflit a éclaté au Darfour il y a neuf ans entre forces gouvernementales et les milices qui lui étaient alliées et groupes rebelles. On estime à plusieurs centaines de milliers le nombre de victimes.

La MINUAD a estimé que la récente escalade était un sujet de grave préoccupation. Mme Mindaoudou a demandé aux deux parties d’accepter de reconnaître que des violences supplémentaires ne seraient qu’une impasse préjudiciable au peuple du Darfour.

Outre les combats de vendredi, des informations font état d’une attaque perpétrée contre des civils, l’enlèvement d’un civil, ainsi que de déplacements de populations dans la localité de Sigili, 40 kilomètres au sud-est d’El Fasher. Le mois dernier a également été endeuillé par le décès de cinq Casques bleus, tués dans des violences.

Le Document pour la paix au Darfour fournit une feuille de route globale pour mettre fin aux violences au Darfour et établir une paix durable dans la région. Finalisé en mai 2011 à Doha, au Qatar – pays qui s’est impliqué considérablement dans les efforts de médiation inter-soudanais –, le plan a été signé par le gouvernement et un des groupes rebelles, un deuxième ayant récemment de s’y conformer.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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31/10/2014
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