RDCongo : exécutions arbitraires massives dans le sud du Masisi

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Des civils fuyant le Nord-Kivu, dans l’est de la RDC : près de 300 personnes, dont 83 enfants, ont été exécutées arbitrairement par des groupes armés (Photo : HCR/M.Sibiloni)

Près de 264 civils, dont 83 enfants, ont été exécutées arbitrairement par des groupes armés en République démocratique du Congo (RDC) entre avril et septembre. Selon une enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme dans la province du Nord-Kivu publiée ce mercredi 14 novembre à Genève, ces personnes ont été tuées au cours de plus de 75 attaques de villages. Les victimes étaient souvent des personnes qui étaient les moins en mesure de fuir les attaques, en grande partie des enfants et des personnes âgées.

De nombreuses victimes ont été tuées à coups de machette, tandis que d’autres ont été brûlées vives dans leurs maisons.

L’ONU se base sur un rapport rédigé après 6 missions d’enquête et plus de 160 entretiens avec des victimes de ces violences. En raison de contraintes sécuritaires, les enquêteurs n’ont pas été en mesure de confirmer de nombreuses autres violations des droits de l'homme qui leur avaient été rapportées.

Le nombre réel de victimes pourrait être dès lors beaucoup plus élevé. Les chiffres mentionnés dans le rapport reflètent les cas documentés dans seulement certaines parties du Masisi au cours d'une période relativement limitée dans le temps et sont donc loin de présenter un aperçu exhaustif de la situation des droits de l'homme dans l’est de la RDC.

D’autres violations des droits de l'homme décrites dans le rapport incluent des déplacements forcés massifs, des pillages à grande échelle et des destructions de propriété privée. Les enquêteurs ont également confirmé quatre cas de violence sexuelle impliquant le viol de 12 femmes.

Les enquêteurs ont constaté que le groupe armé Raia Mutomboki, avec des groupes alliés Maï Maï, était responsable de la plupart des meurtres qui ont été souvent perpétrés avec une extrême violence. Le groupe d'opposition Nyatura a été reconnu responsable d’autres violations des droits de l'homme, notamment des meurtres, parfois en collaboration avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Les civils tués par le groupe Raia Mutomboki étaient, pour la plupart, d'origine ethnique hutu, alors que les personnes tuées par les Nyatura étaient principalement de l’ethnie tembo.

La dimension ethnique des attaques est particulièrement préoccupante dans l’est de la RDC où les tensions au cours des 15 dernières années ont résulté dans des cycles de violence à connotation ethnique.

« Les violations systématiques des droits de l’homme commises par ces groupes armés, y compris le meurtre de tant d’enfants, sont les plus graves que nous avons constatées ces derniers temps en RDC », a déclaré la Haut Commissaire aux droits de l’Homme. « Les autorités congolaises doivent prendre des mesures immédiates pour protéger les populations civiles et lutter contre l’impunité persistante qui ne sert qu’à encourager les tueurs », a ajouté Navi Pillay.

Les recommandations formulées dans le rapport incluent un appel aux forces de sécurité congolaises à prendre d’urgence des mesures additionnelles, avec le soutien de la communauté internationale, pour rétablir la sécurité dans le sud du Masisi et assurer la protection des civils. Les autorités congolaises doivent également tenir compte des violations des droits de l'homme décrites dans le présent rapport et mettre en œuvre une vérification systématique du passé en termes des droits de l'homme des individus et de leurs commandants au cours de toute intégration future des groupes armés dans l’armée nationale.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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23/04/2014
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