RDC: les M23 n'ont toujours pas quitté la ville de Goma

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Les rebelles du M23 font leur entrée dans la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, mardi 20 novembre 2012 (Photo : Radio Okapi)

En République démocratique du Congo, les rebelles du M23 qui occupent Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, depuis le 20 novembre dernier ne se sont toujours pas retirés de cette ville malgré déjà deux annonces de leur départ, sur injonction des chefs d'Etat des pays de la région des Grands lacs.

Pendant ce temps, Radio Okapi a constaté que les rebelles du M23 ont pillé plusieurs habitations et bâtiments de Goma le jeudi 29 novembre dans la journée. Plus tard dans la soirée, affirment des témoins, ils ont fait le porte à porte, extorquant des biens, emportant véhicules, argent et téléphones portables. Ce butin aurait été acheminé vers Kibumba, futur quartier général du M23, à près de 30 Km de Goma. Ce pillage a été organisé alors que le M23 promet de se retirer prochainement de la capitale du Nord-Kivu.

Ce pillage a semé la panique au sein de la population de cette ville où les activités socio-économiques, notamment le commerce et le transport, ont été paralysés durant toute l'après-midi. Ce sont notamment les quartiers Katindo, Katoyi et Keshero qui ont été pillés par ces rebelles. La plupart des édifices publics, par contre, ont été épargnés puisque gardés par les forces de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) à Goma.

Des ONG de défense de droits de l'homme ainsi que des experts de l'ONU ont accusé les rebelles du M23 d'être responsables de plusieurs violations des droits de l'homme depuis qu'ils occupent Goma. Pour l'association africaine des droits de l'homme (Asadho), la population civile du Nord-Kivu est actuellement confrontée à des exactions et abus de toutes sortes dans les zones occupées par les rebelles M23. De leur côté, des experts de l'ONU ont publié un rapport dans lequel ils imputent au M23 des violations graves des droits de l'homme et du droit humanitaire perpétrées contre des civils depuis le début de la rébellion en mai dernier. Il s'agirait notamment des exécutions sommaires, des violences sexuelles, ainsi que le recrutement et l'emploi à grande échelle d'enfants soldats. Le Comité d'observateurs des droits de l'homme, pour sa part, a dénoncé, dans un communiqué, une « guerre d'agression sur fond des crimes de guerre et de haute trahison ». Quant au Comité internationale de la Croix rouge, il rapporte que soixante-quatre personnes ont trouvé la mort à l'entrée du M23 à Goma. Ces associations de défense des droits de l'homme exigent des sanctions contre les auteurs de ces crimes.

Le gouvernement congolais a également accusé le M23 de pillage et de vandalisme. Mercredi 28 novembre à Kinshasa, son porte-parole, Lambert Mende, a parlé d'un « razzia systématique », indiquant que tous les biens publics et privés pillés sont emportés vers un pays voisin sans le citer.

Les rebelles du M23 se sont engagés, sous la pression de la communauté internationale, dont la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL), à se retirer de la ville de Goma qu'ils occupent depuis le 20 novembre dernier.

(Extrait sonore : Jules Ngala, secrétaire de rédaction, Radio Okapi à Goma ; propos recueillis par Jean-Pierre Amisi Ramazani)

Classé sous L'info, Maintien de la paix.
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