RDC : le Conseil de sécurité condamne les attaques du M23 et annonce de futures sanctions contre son leadership

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Le Conseil de sécurité

Réuni d'urgence samedi, le Conseil de sécurité a vigoureusement condamné la recrudescence des attaques perpétrées par le M23 dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), exigeant leur cessation immédiate. Il a également annoncé le renforcement prochain des sanctions à l'encontre du leadership de ce mouvement rebelle.

Dans une déclaration faite à la presse en fin de journée, le Président du Conseil pour le mois de novembre et Représentant permanent de l'Inde auprès des Nations Unies, Hardeep Singh Puri, a également exigé, au nom des quatorze autres membres du Conseil, que cessent la progression du M23 en direction de Goma, la capitale du Nord-Kivu, ainsi que le soutien extérieur et la fournitures d'équipements dont ce groupe bénéficie.

Le Mouvement du 23 mars (M23) a été formé en mars dernier par d’anciens soldats des forces régulières congolaises qui se sont mutinés et sont actuellement dirigés par le colonel Sulutani Makenga. Le M23 s’était dans un premier temps regroupé autour de Bosco Ntaganda, un général sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI), qui l’accuse de crimes de guerre pour avoir recruté et utilisé des enfants-soldats dans des combats au nord-est de la RDC en 2002-2003. Depuis le début des exactions menées par le M23, en avril dernier, pas moins de 320.000 personnes ont été déplacées dans la province du Nord-Kivu.

De nouveaux déplacements ont été signalés depuis qu'a débuté, ce matin à quatre heures, une série d'attaques à l'arme lourde par le M23 contre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans les localités de Kibumba et Mboga et les collines de Ruhondo, indique la Mission de stabilisation des Nations Unies en RDC (MONUSCO) dans un communiqué de presse.

Profondément préoccupés par la détérioration de la situation humanitaire dans la région, les membres du Conseil condamnent la poursuite des violations du droit humanitaire international. Ils annoncent leur intention d'appliquer des sanctions supplémentaires ciblées contre les dirigeants du M23 et tous ceux qui violent le régime actuel des sanctions. À ce titre, les Etats Membres sont appelés à faire de toute urgence des suggestions au Comité 1533, qui liste individus et entités visés par ce régime et définit son champ d'application.

Le Conseil de sécurité a salué les mesures vigoureuses prises par la MONUSCO, qui a déployé aujourd'hui des hélicoptères de combat contre les troupes du M23 entre Kibumba et Kibati. Par ailleurs, chargée d'assurer la protection des civils, la Mission a indiqué qu'elle continue d'assurer la sécurité du site de déplacés de Kanyaruchinya, situé à environ cinq kilomètres de Kibati. Ce site, qui héberge déjà plus de 80.000 personnes, vient de recevoir un afflux de 4.000 arrivants supplémentaires depuis le déclenchement des combats.

La déclaration réitère enfin l'importance des efforts déployés par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs pour trouver une solution politique durable au conflit. Le Secrétaire général Ban Ki-moon est quant à lui prié de poursuivre sa mission de bons offices afin de faciliter le dialogue entre les parties concernés et de faire rapport au Conseil sur l'évolution de la situation dans les jours à venir.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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25/07/2014
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