PNUE : la fonte du pergélisol, aspect négligé du changement climatique

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La fonte du pergélisol ou permafrost pourrait entraîner l'émission d'entre 40 et 135 gigatonnes dioxydes de carbone d’ici à 2100 si le réchauffement climatique continue au rythme actuel, a averti ce mardi le Programme des Nation Unies pour l'environnement (PNUE) en lançant son rapport sur la fonte du permafrost, à la Conférence sur le changement climatique, à Doha, au Qatar.

 

Selon le rapport « Implications politiques du réchauffement du pergélisol » la fonte du pergélisol est un aspect trop longtemps négligé par les analyses du réchauffement planétaire. Aussi, cette fonte risque d'aggraver considérablement le réchauffement climatique et doit désormais être prise en compte car elle pourrait arriver à contribuer jusqu'à 39% du total des émissions de dioxyde de carbone.

 

Le rapport explique que la hausse des températures à l'échelle planétaire entraîne à présent la fonte de couches plus profondes du sol gelé des zones arctiques pendant l'été, et ces couches ne regèlent plus aussi fermement avec l'arrivée de l'hiver. Cela dégage des quantités importantes de carbone qui se trouvaient emprisonnées dans le pergélisol et les met en contact avec des bactéries qui provoquent une oxydation et la création de dioxyde de carbone.

 

Le PNUE appelle à porter davantage d'attention sur le permafrost pour mieux comprendre son rôle dans le changement climatique. Selon l'agence pour l'environnement, il faut renforcer les réseaux de surveillance et d'études du phénomène de la fonte du pergélisol et les gouvernements doivent mettre en oeuvre des plans d'adaptation au changement de température du permafrost et pour les infrastructures dans leurs pays respectifs.

 

(Interview : Hugues Lantuit, chercheur à l'Institut Alfred Wegener et co-auteur du rapport « Implications politiques du réchauffement du pergélisol » PNUE ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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23/04/2014
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