Pays les moins avancés : la CNUCED veut que les envois de fonds servent à diversifier et renforcer ces économies

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Une agricultrice dans le village de Dan Kada, au Niger. La CNUCED recommande aux PMA d'exploiter les envois de fonds des migrants pour diversifier et renforcer leur économie (Photo : PAM/P. Behan).

En 2011, les ressortissants des pays les plus pauvres, qui travaillent à l'étranger, ont envoyé chez eux quelque 27 milliards de dollars. Le Rapport 2012 sur les pays les moins avancés (PMA) note que ces envois représentaient près du double du montant des entrées d'investissement étranger direct (IED) dans ces pays (15 milliards de dollars É.-U.) et n'étaient devancés que par l'aide publique au développement (APD) comme source de financement extérieur (42 milliards de dollars en 2010).

Dans ces conditions, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) recommande aux gouvernements des PMA d'exploiter ces importantes ressources, dont une grande partie fait l'objet de transferts privés directs destinés aux familles, pour diversifier et renforcer leur économie.

Les envois de fonds revêtent une plus grande importance pour les PMA que pour d'autres groupes de pays. Dans les PMA, ils représentent 4,4 % du produit intérieur brut (PIB) et 15 % des exportations, soit trois fois plus que dans les autres pays en développement. Entre 2008 et 2010, les fonds reçus représentaient plus de 20 % du PIB du Lesotho, de Samoa, de Haïti et du Népal. Entre 2009 et 2011, les fonds reçus ont été une source de devises plus grande que les exportations au Népal et en Haïti. En 2008-2010, le montant des fonds reçus était supérieur à celui de l'IED et de l'APD dans neuf PMA: Bangladesh, Haïti, Lesotho, Népal, Samoa, Sénégal, Soudan, Togo et Yémen. Dans huit autres PMA, il a dépassé celui de l'IED pendant la période considérée: Bénin, Burundi, Comores, Éthiopie, Gambie, Guinée-Bissau, Kiribati et Ouganda.

Etant donné que les PMA comptent 27,5 millions de leurs ressortissants à l'étranger, les retombées positives sont loin d'être négligeables. Au cours de la dernière décennie, les envois de fonds ont dépassé les entrées d'investissements étrangers directs (IED) dans les PMA.

Pour la CNUCED,  les 48 pays les moins avancés (PMA) devraient prendre des mesures, par exemple en améliorant leurs services bancaires et financiers nationaux, afin qu’une plus grande partie de cet argent serve à financer l'investissement, le développement de petites entreprises et la création d'emplois en faveur de populations de plus en plus urbanisées qui ne peuvent plus vivre de l'agriculture.

Par ailleurs, la CNUCED note que les ressortissants instruits et hautement qualifiés des pays les plus pauvres, partis travailler à l'étranger, pourraient contrer les effets de l'«exode des compétences» dans leurs pays d'origine en contribuant au transfert de connaissances et en orientant l'investissement vers ces pays. La CNUCED  estime le nombre de ces émigrants à plus de deux millions.

En conclusion, le rapport souligne que, le taux moyen de croissance réelle du PIB des PMA s'est établi à 4,2 % en 2011, en nette baisse par rapport aux 4,9 % enregistrés en 2009 en pleine récession mondiale. Les PMA continuent d'être très tributaires des ressources extérieures. En 2011, le déficit des comptes courants était supérieur à 20 % du PIB dans cinq PMA, et à 10 % dans 13 autres.

(Interview : Rolf Traeger, Economiste à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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26/12/2014
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