OMS / RD Congo : les nouvelles vagues de violence mettent en péril l'accès aux soins de santé

Écouter /

Le camp de Mugunga III, à l’ouest de Goma: l’OMS craint notamment une progression plus rapide de l’épidémie de choléra au Nord-Kivu (Photo: HCR/F. Noy)

La situation de dizaines de milliers de personnes déplacées congolaises suscite l’inquiétude des humanitaires. Et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que « les nouvelles vagues de violence mettent en péril l’accès aux soins de santé primaires et secondaires pour les personnes blessées dans la ville de Goma et dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu ». L’OMS craint notamment une progression plus rapide de l’épidémie de choléra au Nord-Kivu, où, depuis janvier, 6.830 cas avec 65 décès ont été enregistrés.

Plus de 50 blessés sont traités à l'Hôpital de Minova. L'OMS fait état d'informations sur des pillages des Centres de Santé entre Goma et Sake. Les structures de santé sont débordées, les hôpitaux et les centres de santés font état des dizaines de blessés.  Le personnel de santé du Nord Kivu travaille sous des conditions très difficiles. Les déplacements en ce moment causent des problèmes aigus de continuité de traitement Anti retro viraux (ARV) pour des personnes vivants avec le VIH/SIDA, des perturbations de la continuité de traitement contre la tuberculose et autres maladies chroniques parmi les déplacés au Nord Kivu.

En outre, la Croix Rouge de la RDC mène des activités d'enterrement des dépouilles mortelles. Au total 51 corps ont été enterrés au Nord Kivu par les volontaires de la CRRDC. L'ONG Médecins sans frontières (MSF) et le CICR renforcent leurs équipes médicales et chirurgicales sur le terrain.  Plus de 100 blessés ont été traités jusqu'ici dans les hôpitaux à Goma.

L'OMS indique que la surveillance des maladies infectieuses s'avère problématique  car les données en provenance de certaines zones de santé  ne sont pas disponibles en raison de l'insécurité. Plusieurs ONGs ont dû suspendre leurs activités pour le moment dans le Masisi et à Goma.

Le plan de contingence d'urgence a été activé et des évaluations rapides initiales de la situation de santé et les besoins sont en cours. En ce moment, le cluster santé travaille avec un chiffre de planification de 250 000 personnes qui auront besoin d'accès aux soins de santé de base et d'urgence, des intrants et des médicaments. L'OMS et L'UNICEF ont  mobilisé des kits de médicaments essentiels de Kinshasa vers Goma  et vont assurer leur acheminement le plus tôt possible. 

Les besoins urgents pour les structures sanitaires dans les Kivus comprennent des équipements chirurgicaux, des équipements de transfusion, ainsi que des kits pour le choléra, le  paludisme, la rougeole, les  maladies chroniques et santé reproductive d'urgence.

(Extrait sonore : Tarik Jasarevic, porte-parole de l'OMS à Genève)

Le dernier journal
Le dernier journal
22/08/2014
Loading the player ...