Observatoire des mines antipersonnel : la Syrie, seul Etat au monde à poser des mines en 2012

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Des enfants jouant près d'un champ de mines clairement identifié en Turquie. En 2011 et en 2012, l’armée syrienne a posé des mines le long des frontières avec le Liban et la Turquie (Photo : ICBL/ L. P. Vicentic).

La Syrie est le seul pays à utiliser encore des mines antipersonnel dans le monde. Dans son rapport annuel publié ce jeudi 29 novembre à Genève, l’ONG Campagne internationale pour l’interdiction des mines (ICBL) note que c’est la deuxième année consécutive que Damas est ainsi pointé du doigt. En 2011 et en 2012, l’armée syrienne a posé des mines le long des frontières avec le Liban et la Turquie.

Mais en 2011, outre la Syrie, Israël, la Libye et le Myanmar avaient aussi eu recours aux mines antipersonnel.

4 286 nouveaux cas de victimes de restes de mines et d'explosifs de guerre ont été enregistrés en 2011, soit environ 12 victimes par jour, contre 32 victimes par jour en 2001. En outre, dans certains des pays les plus touchés par les mines, tels que l’Afghanistan, le Cambodge et la Colombie, le rapport fait état de réels progrès dans la réduction du nombre de victimes.

Concernant la présence de mines dans le monde, elle a été confirmée en 2012 dans 59 États et six territoires disputés. Le rapport met aussi en évidence d’autres nouveaux défis à relever: une augmentation significative du nombre de victimes dans des pays comme la Libye, le Soudan, le Soudan du Sud et la Syrie, ainsi que l’utilisation de mines antipersonnel par des groupes armés non étatiques dans six pays contre quatre l’an dernier (soit comme en 2011 l’Afghanistan, la Colombie, le Myanmar et le Pakistan, avec en plus cette année la Thaïlande et le Yémen).

Le rapport montre que trente-sept programmes d'action anti-mines déployés dans le monde entier ont permis de détruire plus de 325 000 mines antipersonnel et près de 30 000 mines anti véhicules, libérant ainsi plus de 190 km2 de territoire.

Le nombre de gouvernements qui rejettent les mines antipersonnel continue de s'accroître, trois nouveaux pays – la Finlande, le Soudan du Sud et la Somalie ont adhéré au Traité d'interdiction des mines depuis juillet 2011. La succession du Soudan du Sud et l'accession de la Somalie signifient que la totalité des pays de l'Afrique sub-saharienne ont ratifié le Traité d'interdiction des mines. Dans le monde entier, 160 Etats sont désormais parties au Traité, soit plus de 80 pour-cent de tous les pays.

Concernant le financement tant international que national destiné aux actions anti-mines en 2011 a constitué le plus important montant jamais enregistré avec environ 662 millions de dollars US, soit 25 millions de dollars US de plus qu'en 2010. Malgré ce montant record, le financement destiné à l'assistance aux victimes a reculé de 30% par rapport à 2010, soit le plus bas niveau depuis que l'Observatoire des mines a commencé à enregistrer ce type de financement en 2007.

L'Observatoire des mines et des armes à sous-munitions est l'organe de recherche de la Campagne Internationale d'Interdiction des Mines Antipersonnel – Coalition contre les armes à sous-munitions (ICBL-CMC). L'Observatoire des mines et des armes à sous-munitions est coordonné par cinq organisations non-gouvernementales : Action on Armed Violence, Handicap International, Human Rights Watch, Mines Action Canada et Norwegian People's Aid.

Du 3 au 7 décembre 2012 se tient à Genève la 12e Assemblée des Etats parties au Traité d’Ottawa.

(Interview : Tamar Gabelnick, Directrice de la mise en œuvre du Traité à ICBL ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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