Myanmar : la situation sécuritaire demeure tendue dans l'État de Rakhine, affirme l'OCHA

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La situation sécuritaire dans l’état de Rakhine, au Myanmar, est toujours tendue au lendemain de la vague de violences qui a porté à 110.000 le nombre de personnes déplacées, a indiqué lundi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).« La situation est toujours très, très précaire », a déclaré ce matin le porte-parole de l’OCHA, Jens Laerke, dans une interview à la Radio des Nations Unies. « Le gouvernement fait tout son possible pour contrôler une situation toujours fragile. »

Au moins 89 personnes ont été tuées et 35.000 autres déplacées depuis la recrudescence des violences interconfessionnelles il y a deux semaines. Plus de 5.300 maisons et lieux de culte ont également été détruits, précise l’OCHA.

Une première vague de violences avait éclaté en juin entre Bouddhistes Rakhine et Musulmans Rohingya, poussant le gouvernement à déclarer l’état d’urgence dans la province. Les violences auraient fait au moins une douzaine de victimes civiles et détruit des centaines de maisons.

La première vague de déplacements était localisée dans la ville de Sittwe, mais la seconde s’étend à l’ensemble de l’État de Rakhine, où la présence de renforts sécuritaires se fait ressentir, affirme l’OCHA.

L’agence a lancé un appel aux autorités du Myanmar pour qu’elles lui ménagent un accès à Rakhine alors que le nombre de personnes déplacées continue de croître sur l’ensemble du territoire, a indiqué Jens Laerke. « Ce que nous savons, c’est que ces personnes ont besoin de nourriture, de bâches en plastiques et de moustiquaires ».

La semaine dernière, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est rendu dans plusieurs villages, où le personnel médical des équipes d’évaluation a soigné de nombreux blessés. L’agence a également acheminé des articles de première nécessité.

Parallèlement, l’OCHA a lancé un appel d’un montant de 32,5 millions de dollars pour prêter assistance aux déplacés. Jusqu’à présent, cet appel n’a été financé qu’à moitié.

(Extrait sonore : Jens Laerke, porte-parole de l'OCHA à Genève; propos recueillis par Patrick Maigua)

 

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08/12/2017
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