Le HCR plaide pour un soutien des pays de la région aux réfugiés en provenance du Myanmar

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Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a appelé mardi les pays de l’Asie du Sud-Est à maintenir leurs frontières ouvertes pour les réfugiés en provenance du Myanmar, alors que des informations font état de naufrages dans le golfe du Bengale ce mois-ci avec des dizaines de personnes à bord. Le gouvernement du Myanmar est quant à lui exhorté à se pencher de toue urgence sur les causes profondes à l’origine de ces déplacements massifs de population.

« Nous demandons aux pays de la région de se partager les responsabilités face à cette urgence humanitaire grandissante », a déclaré Melissa Fleming, porte-parole du HCR, lors d’une conférence de presse à Genève. « Nous sommes prêts à aider les États dans la protection à accorder à ces personnes », a-t-elle ajouté.

Selon Melissa Fleming, au cours des deux dernières semaines, des informations ont fait état de deux naufrages d’embarcations à l’ouest du Myanmar, avec près de 240 personnes à bord, dont des Rohingyas originaires de l’État de Rakhine.

« Le HCR n’est pas en mesure de confirmer ces information, car nous ne disposons d’aucune présence près des sites où se trouveraient les épaves. Toutefois, il semblerait que plus de 40 personnes auraient été secourues et que des corps sans vie à la dérive auraient été aperçus », a précisé Melissa Fleming.

Ces deux tragédies marquent pour le HCR un début « alarmant » pour la saison de navigation traditionnelle dans le golfe du Bengale, pendant laquelle des demandeurs d’asile et des migrants en situation irrégulière risquent leur vie à bord de bateaux de pêche, en quête de sécurité et d’une vie meilleure dans d’autres pays de la région.

Entre 7.000 et 8.000 habitants de l’État de Rakhine ont tenté la traversée du golfe du Bengale durant la précédente saison de navigation, entre octobre 2011 et mars 2012. Poussés par le désespoir, beaucoup d’autres pourraient suivre dans les prochaines semaines.

« Le HCR exhorte le gouvernement du Myanmar à prendre des mesures urgentes pour s’attaquer aux facteurs à l’origine de ces déplacements de populations, et en particulier pour répondre aux questions de nationalité et d’apatridie pour les Rohingyas », a indiqué Melissa Fleming.

La situation déjà précaire dans l’État de Rakhine a été exacerbée en juin dernier, et de nouveau en octobre, après le début de violences intercommunautaires qui ont fait des dizaines de victimes, provoqué la destruction de milliers de maisons et déplacé plus de 110.000 personnes. Un calme précaire est revenu ces derniers jours, mais les tensions restent vives.

Tout en exhortant les autres États à maintenir leurs frontières ouvertes, le HCR s’est dit alarmé par les informations selon lesquelles des pays repoussent des embarcations au large de leurs côtes ou les réorientent vers un autre pays. « Nous faisons appel à ces gouvernements pour qu’ils respectent leur longue tradition de secours humanitaire aux réfugiés au lieu de transférer cette responsabilité à un autre État », a lancé Melissa Fleming.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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21/10/2014
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