La rage : une maladie qui tue encore plus de 55 000 personnes par an

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(Campagne de vaccination de masse pour les chiens de Tanzanie-Photo:OMS)

De nos jours, la rage est présente sur tous les continents sauf l'Antarctique mais plus de 95% des cas humains mortels surviennent en Asie et en Afrique. Lorsque les symptômes apparaissent, la rage est presque toujours mortelle. Elle tue ainsi chaque année plus de 55 000 personnes dans le monde et touche encore plus de 150 pays et territoires.

Les chiens sont à l'origine de la grande majorité des cas mortels de rage humaine. Le nettoyage de la plaie et la vaccination, pratiqués dans les quelques heures suivant le contact avec un animal suspect, permettent de prévenir l'apparition de la rage et le décès Enfin, chaque année, plus de 15 millions de personnes dans le monde sont vaccinées après exposition pour prévenir la survenue de la rage – cette vaccination prophylactique permettrait d'éviter des centaines de milliers de décès par an.

La rage est une zoonose, c'est-à-dire une maladie transmise de l'animal à l'homme. Le virus de la rage infecte des animaux domestiques et des animaux sauvages et est transmis à l'homme par la salive des animaux infectés lors d'une morsure ou d'une égratignure.

La rage est une maladie négligée touchant des populations pauvres et vulnérables dont les décès sont rarement notifiés. Elle survient principalement dans des communautés rurales reculées où des mesures de prévention de la transmission à l'homme ne sont pas mises en œuvre. La sous-notification des cas de rage empêche par ailleurs la mobilisation de ressources auprès de la communauté internationale pour l'élimination de la rage transmise par le chien.

A noter que la période d'incubation de la rage est généralement de un à trois mois mais peut durer moins d'une semaine à plus d'un an. La maladie se manifeste d'abord par de la fièvre et, souvent, des douleurs ou bien une paresthésie inhabituelle ou inexpliquée (fourmillements, démangeaisons, brûlures) à l'endroit de la blessure. La propagation du virus dans le système nerveux central entraîne une inflammation progressive et mortelle de l'encéphale et de la moelle épinière. La rage peut alors se manifester sous sa forme «furieuse»: le malade est hyperactif et excité et présente une hydrophobie et, parfois, une aérophobie. Le décès survient en quelques jours par arrêt cardiorespiratoire.

Bien que toutes les tranches d'âge soient concernées, la rage touche surtout les enfants de moins de 15 ans; en moyenne, 40% des traitements prophylactiques post-exposition sont prescrits à des enfants âgés de 5 à 14 ans, pour la plupart des garçons.

Les personnes qui sont en contact avec le virus de la rage en permanence, fréquemment ou ponctuellement – en raison de leur lieu de résidence ou de leur profession – courent également un risque. Les personnes qui se rendent dans des zones rurales à haut risque où il n'est pas toujours possible de bénéficier immédiatement de soins médicaux appropriés et qui devront passer une grande partie de leur temps à l'extérieur doivent être considérées comme à risque, quelle que soit la durée de leur séjour.

La rage est une maladie à prévention vaccinale. La stratégie la plus rentable pour prévenir la rage chez l'homme est d'éliminer la maladie chez le chien grâce à la vaccination. Dans plusieurs pays, en particulier en Amérique latine, la vaccination des animaux (principalement des chiens) a fait baisser le nombre ce cas de rage chez l'homme (et chez l'animal). Cependant, l'augmentation récente du nombre de cas mortels de rage dans certaines régions d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine semble indiquer que cette maladie est à nouveau un grave problème de santé publique.

Pour les êtres humains, il existe des vaccins antirabiques sûrs et efficaces utilisables avant une exposition. La vaccination préventive est recommandée aux voyageurs qui passent beaucoup de temps à l'extérieur, en particulier en zone rurale, lors d'activités telles que la bicyclette, le camping ou la randonnée, par exemple, ainsi qu'aux voyageurs faisant de longs séjours dans des régions à haut risque et aux expatriés vivant dans de telles régions.

Elle est également recommandée aux personnes exposées à un risque professionnel important, comme le personnel de laboratoire qui manipule des virus rabiques vivants et d'autres lyssavirus, ainsi qu'aux personnes appelées par leur profession ou toute autre raison à être en contact direct avec des chauves-souris, des carnivores ou d'autres mammifères dans des zones où sévit la rage.

(Interview : Katinka de Balogh, service de la santé publique vétérinaire de la FAO; propos recueillis par Florence Westergard)

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25/12/2014
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