Syrie: Navi Pillay brandit le spectre de Srebrenica et exhorte le Conseil de sécurité à « parler d’une seule voix »

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La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a exhorté le Conseil de sécurité à « parler d’une seule voix » dans le cas de la Syrie, souhaitant par ailleurs que la situation ne devienne pas un nouveau « Srebrenica ». Au cours d'une conférence de presse ce jeudi 18 octobre à Genève, Navi Pillay a qualifié la « situation en Syrie de tout simplement désespérée ». La Chef des droits de l'homme de l'ONU a exhorté la communauté internationale à ne pas attendre un événement aussi dramatique que Srebrenica pour arrêter le conflit en Syrie

Navi Pillay, qui a entamé en septembre dernier son second mandat à la tête du Haut-Commissariat, entend rappeler le sort des victimes dans le monde, particulièrement en Syrie.

Sur le dossier syrien, Navi Pillay a par ailleurs réitéré l’idée que les deux parties en conflit ont commis des crimes qui « pourraient constituer des crimes contre l’humanité ». Elle a notamment cité l’utilisation d’armes lourdes par les forces du gouvernement pour détruire de larges pans de villes, notamment à Homs et Alep, et l’utilisation « par des groupes d’opposition extrémistes » d’énormes bombes qui tuent et mutilent les civils.

Selon Navi Pillay, les souvenirs du conflit en Bosnie doivent être suffisamment vifs pour nous prévenir des dangers de laisser la crise syrienne se transformer en conflit sectaire.

« Le souvenir de ce qui est arrivé en Bosnie-Herzégovine devrait être suffisamment frais pour nous alerter des dangers de laisser la Syrie évoluer vers une guerre interconfessionnelle totale ». « Il ne devrait pas y avoir quelque chose d’aussi dramatique que Srebrenica pour secouer le monde afin qu’il entreprenne une action sérieuse pour stopper ce type de conflit »-a-t-elle martelé.

A cet égard, Navi Pillay a exhorté le Conseil de sécurité  de l'ONU à parler d’une seule voix afin d'envoyer un message fort sur la Syrie. « J’exhorte le Conseil de sécurité à parler d’une seule voix. C’est essentiel pour envoyer un message fort », a-t-elle conclu, en prévenant d’un risque d’extension du conflit à toute la région.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo avec un extrait sonore de Navi Pillay, Haut Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU)

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23/10/2017
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