Syrie : la Belgique parie sur l'humanitaire et les efforts de Lakhdar Brahimi

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Au cours d'une interview accordée à la Radio des Nations Unies, le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Belgique, Didier Reynders, est revenu sur plusieurs questions d'actualité, notamment la situation en RDC. Mais il a aussi abordé la question de la crise en Syrie, qui préoccupe à plus d'un titre Bruxelles.

Le chef de la diplomatie belge a rappelé que son pays, depuis le début de la crise, est dans le camp des Amis du peuple syrien. Dans ce cadre, trois réunions ont déjà été organisées. Face au blocage politique complet constaté au sein du Conseil de sécurité, la Belgique entend accorder une confiance absolue au nouvel Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, et le soutenir dans ses actions.

Sur le plan, concret, la Belgique estime qu'il faut mettre l'accent sur le front humanitaire, en soutenant les pays voisins, tels que la Turquie, la Jordanie, le Liban et  l'Iraq, qui accueillent un très grand nombre de réfugiés aujourd'hui. Par ailleurs, il convient de se préoccuper de la situation à l'intérieur de la Syrie, alors que l'hiver approche. Car les civils, les belligérants, et l'ensemble de la population syrienne, éprouvent des difficultés pour accéder aux soins médicaux et aux lieux médicalisés.

Aussi, la Belgique va demander, d'une part, à travers un projet de résolution, que l'opposition tout comme le régime syrien, acceptent l'application de standard humanitaires minimaux. Cette approche permettra aussi aux pays de renouer des contacts. Des États  comme la Russie ou la Chine pourront ainsi débattre de la question humanitaire même si la question politique reste bloquée. D'autre part, le royaume belge entend demander à l'opposition de s'unifier afin de pouvoir mettre en place une sorte de nouvelle gouvernance sur une zone libre, en Syrie, notamment le long de la frontière turque.

Revenant sur les efforts de Lakhdar Brahimi, le chef de la diplomatie belge a estimé qu'il n'y a pas d'autre solution que de soutenir l'Envoyé spécial conjoint. Il a fait valoir qu'il sera en contact avec tous les acteurs et qui dispose d'une grande capacité d'écoute et de discussion avec tous les acteurs. Cela ne préjuge en rien de sa capacité à résoudre la crise. L'intéressé lui-même reste très prudent et a parlé au moment de sa prise de fonctions d'une “mission quasi-impossible”. Mais il faut lui faire confiance et le laisser contacter tous les acteurs pertinents.

(Interview : Didier Reynders, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Belgique ; propos recueillis par Maha Fayek)

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18/10/2017
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