Myanmar: les camps de déplacés sont débordés à Rakhine

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Le HCR a distribué des articles de secours à des dizaines de milliers de personnes dans des villages affectés par les troubles dans l’Etat de Rakhine (Photo : HCR).

Quatre mois après le début des violences intercommunautaires dans l’Etat de Rakhine à l’ouest du Myanmar, le déplacement interne augmente toujours. Les populations affectées continuent de fuir en quête de vivres, de soins de santé et d’autres types d’assistance.

Les humanitaires semblent donc débordés. A l'ouest du Myanmar, les camps de déplacés ont ainsi dépassé les limites de leurs capacités. En cause, la reprise des violences depuis le début du mois d'octobre qui ont déjà fait des dizaines de morts. Ces violences meurtrières bouddhistes de l’ethnie Rakhine et musulmans de la minorité des Rohingyas ont également déplacé plus de 28.000 personnes.

Plus 3.000 nouveaux déplacés ont tenté de trouver refuge dans ces camps de Sittwe, capitale de l’Etat Rakhine. Avec le nouvel afflux, ces camps déjà surpeuplés ont dépassé leurs capacités en terme d’espace, d’abris et d’approvisionnement de base tel que nourriture et eau.

Selon les chiffres fournis par les autorités locales, on compte actuellement environ 78 000 personnes déplacées internes dans les camps de déplacés de l’Etat de Rakhine, localisés dans et autour des villes de Sittwe, Kyauk Taw et Maungdaw. Une hausse est donc observée par rapport au précédent chiffre de 50 000 personnes déplacés fourni par les autorités, peu après le début des troubles au début du mois de juin dernier. Début août, il y a eu une reprise des violences dans la ville de Kyauk Taw. Plus de 4 600 personnes ont vu leur maison réduite en cendres durant les attaques.

Adrian Edwards, porte-parole du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés demande aux pays frontaliers du Myanmar, notamment le Bangladesh d'ouvrir leurs frontières à ces réfugiés. Le HCR s’est en effet inquiété de la difficulté d’aider certains des nouveaux déplacés, dans des zones extrêmement difficiles à atteindre, et du sort de 6.000 personnes bloquées sur des bateaux ou des ilots le long de la côte ouest du Myanmar.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore d'Adrian Edwards, porte-parole du HCR)

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11/12/2017
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