Mayotte: 6 morts et 10 disparus dans un naufrage de migrants

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Six personnes ont péri et dix sont portées disparues hier lundi dans le naufrage d’un bateau d’immigrants au large de l’archipel français de Mayotte, dans l’océan Indien. Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, ce nouveau drame survient un mois jour pour jour après un autre naufrage dans lequel six personnes avaient trouvé la mort et 27 été portées disparues.

L’embarcation, de type « kwassa kwassa », venait d’Anjouan, île comorienne située à une centaine de kilomètres de là, avec 24 personnes à son bord. Huit personnes sont rescapées, six sont décédées et dix ont disparu.

Le HCR rappelle que cet incident illustre à nouveau de façon tragique les dangers auxquels sont confrontées des personnes poussées à prendre des décisions désespérées pour échapper à la pauvreté, au conflit et à la persécution. Comme en mer Méditerranée et dans le golfe d’Aden, les eaux entourant Mayotte sont le théâtre de traversées clandestines de migrants et réfugiés en quête d’une vie meilleure ou d’une protection contre la persécution et la guerre.

Depuis des décennies, des personnes ont recours à de petites barques – plus connues sous le nom de « kwassa-kwassa » – pour se rendre depuis l’Union des Comores vers le département français de Mayotte, qui est plus prospère. Pour la plupart, ces traversées s’effectuent sans document de voyage ou d’identité et présentent des risques considérables pour les personnes qui tentent l’aventure.  Les « kwassa kwassa » – du nom d’une danse congolaise qui évoque un déhanchement très rythmée et saccadée – sont des pirogues à moteur qui naviguent au ras des flots. Les accidents surviennent souvent au passage de la barrière de corail qui ceint Mayotte.

L’année dernière, quelque 1200 demandes d’asile ont été enregistrées à Mayotte, soit 41 % de plus qu’en 2010. La majeure partie des requérants sont originaires de l’Union des Comores (90 %). Pour le reste, il s’agit de ressortissants de la République démocratique du Congo, de Madagascar, du Rwanda et du Burundi. L’année dernière, environ 20 000 personnes, y compris des demandeurs d’asile déboutés, ont été expulsés depuis Mayotte vers l’Union des Comores et Madagascar.

(Extrait sonore : William Spindler, porte-parole du HCR à Paris, France ; propos recueillis par Alpha Diallo)

Classé sous Femmes et enfants, L'info.
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14/12/2017
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