Mali : l'ONU ouvrira un bureau à Bamako pour renforcer son appui

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« Il faut s'assurer que l'action militaire n'exacerbe pas les tensions et n'aggrave la situation humanitaire déjà fragile », a déclaré ce vendredi le Vice-secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, en prononçant son allocution dans le cadre d'une réunion internationale à Bamako, au Mali, consacrée à la crise malienne.

Cette réunion fait suite à la résolution 2701 du Conseil de sécurité, qui charge les Nations Unies d'appuyer la Mali pour trouver une solution durable à la crise et qui comprend un volet politique et un volet militaire.

Devant les représentants de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (CEDEAO), de l'Union africaine, de l'Union européenne, et les nombreux partenaires du Mali présents, Jan Eliasson est revenu sur la mise en œuvre de cette résolution et l'engagement des Nations Unies.

Le Vice-Secrétaire général a rappelé que 4,6 millions de personnes risquent de se retrouver en situation d'insécurité alimentaire, et que 560 000 enfants de moins de cinq ans sont menacés de malnutrition grave. Soulignant que des groupes terroristes imposent leur version brutale de la Charia, comprenant torture, exécutions sommaires et l'abus des femmes et des filles, et recrutement d'enfants soldats, Jan Eliasson a qualifié la situation au Mali d'« inacceptable »

Sur le plan politique, l'ONU apportera son plein appui à l'établissement d'une feuille de route pour préparer des élections, aux efforts de médiation et aux des pourparlers avec les groupes rebelles du nord qui ont coupé les liens avec les groupes terroristes et dont « les griefs sont fondés suite à des années de marginalisation ».

Aussi, selon le Vice-secrétaire général, l'ONU entend mobiliser les fonds nécessaires et apporter une solution « globale » répondant aux raisons profondes de la crise et impliquant tous les acteurs de la société malienne, par le biais de l'Envoyé spécial de Ban Ki-moon pour le Sahel et les différents coordinateurs régionaux.

Sur le plan militaire, les Nations Unies apportent déjà leur expertise. L'ONU est en train de déployer sur le terrain des planificateurs militaires ainsi que des conseillers pour la sécurité.

La création d'un Bureau de coordination de l'ONU à Bamako pour améliorer la coordination a été annoncée.

Jan Eliasson a aussi souligné l'urgence de la situation rappelant qu'il ne reste plus que 40 jours sur les 45 accordés par la résolution 2701, pour que les partenaires – ONU, CEDEAO, Union africaine et gouvernements de la région—soumettent un rapport avec des recommandations opérationnelles, « détaillées et applicables » au Conseil de sécurité.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

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19/10/2017
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