Journée mondiale de l’alimentation: 870 millions d’affamés et 1,5 milliard de mal nourris

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Une agricultrice en Tanzanie : le nombre d’affamés est passé de 175 à 239 millions en Afrique, selon la FAO.

La Journée mondiale de l’alimentation est célébrée ce mardi alors que le nombre d’affamés dans le monde, 870 millions (12,5% de la population mondiale), a cessé de baisser au cours de la décennie écoulée. L’Afrique sub-saharienne, confrontée à des aléas climatiques sévères, reste la plus affectée par la faim et a vu la part des affamés augmenter quand celle-ci baissait ailleurs, en Asie, en Amérique Latine et en Océanie.

Mais selon le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, ce chiffre de 870 d'affamés dépasserait même le milliard et demi de mal nourris si on comptabilisait le déficit en éléments essentiels au développement physique et psychologique des enfants.

« Si on mesurait la malnutrition plutôt que la faim, non plus le déficit en calories mais celui en micro-nutriments essentiels au développement des enfants, comme l’iode, le fer, les vitamines, les chiffres seraient encore plus considérables: on passerait au moins à 1,5 milliard », tranche Olivier De Schutter.

Le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation regrette également le manque de mobilisation des gouvernements dans la lutte contre la malnutrition. « Chaque fois qu’une crise survient, on relance les efforts sans qu’ils soient ensuite mis en oeuvre: c’est difficile de mobiliser les gens hors période de crise », fait remarquer Olivier De Schutter.

De façon générale, l’Afrique est la seule région du monde où le nombre d’affamés a augmenté au cours de la même période, passant de 175 à 239 millions, dont près de 20 millions au cours des quatre dernières années.

La prévalence de la faim, bien que réduite sur toute la période, a augmenté légèrement au cours des trois dernières années, passant de 22,6 à 22,9 pour cent, soit presque un Africain sur quatre souffrant de la faim. En Afrique sub-saharienne, les progrès modestes réalisés ces dernières années jusqu’en 2007 se sont inversés, la faim ayant augmenté de 2 pour cent par an depuis lors.

(Interview : Olivier De Schutter, Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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13/12/2017
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