Insécurité dans les Kivus : le Burundi fait face également à l’afflux de Congolais

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Des réfugiés congolais à leur arrivée au Burundi après avoir fui l'insécurité dans les Kivus (Photo : HCR/ B.Ntwari)

Alors que des dizaines de milliers de réfugiés congolais ont fui vers l’Ouganda et le Rwanda depuis avril, le Burundi doit également faire face à l'afflux de réfugiés congolais. Un plus petit nombre certes, mais toutefois significatif de civils apeurés qui ont fui depuis l’est de la République démocratique du Congo.

Environ 6000 Congolais –principalement originaires de la province du Sud-Kivu – se sont réfugiés depuis janvier au Burundi. Parmi ces Congolais, 4 334 d’entre eux sont arrivés entre avril et septembre. Un pic a été observé en août (1033) avant de retomber à 895 en septembre. En octobre, 527 réfugiés ont déjà traversé la frontière vers le Burundi. Ces chiffres se comparent à une moyenne mensuelle de 250 à 300 observée dans les premiers mois de l’année.

L’afflux a porté les trois camps de réfugiés congolais au Burundi – Bwagiriza, Musasa et Gasorwe – une sévère pression et un quatrième camp pourrait être nécessaire si des personnes continuent à arriver. Le camp de Bwagiriza, qui a une capacité d’accueil de 8000 personnes, héberge en ce moment plus de 9900 personnes.

« La plus grande difficulté, c’est le manque d’hébergement pour les nouveaux arrivants ainsi que la satisfaction des besoins en soins de santé vu le nombre accru de personnes malades et vulnérables », a indiqué Catherine Huck, Représentante du HCR au Burundi, dans un communiqué rendu public à Genève. Elle a souligné que les choses s’amélioreraient seulement une fois que la situation sur le plan de la sécurité serait moins précaire dans l’est de la RDC.

Les motifs de la fuite en exil sont nombreux. En début d’année, des centaines de personnes ont fui de l’autre côté de la frontière pour échapper aux affrontements dans les districts d’Uvira et de Fizi entre différents groupes armés, y compris le groupe rebelle rwandais (principalement hutu) connu sous le nom de Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les milices Maï Maï.

La situation instable dans certaines parties de la province a été exacerbée par le conflit depuis avril entre la tribu Barundi dont les membres parlent le congolais et la tribu Bafuliru, ayant causé la mort d’au moins cinq personnes. Des tensions ont grandi entre les deux groupes après le meurtre en avril cette année du chef suprême des Barundi. Des groupes de Bafuliro ont également fui la violence entre les différents groupes armés.

Le Burundi abrite plus de 50 000 réfugiés et demandeurs d’asile congolais, dont environ la moitié sont hébergés dans des camps de réfugiés et le reste vit en milieu urbain. Presque tous sont originaires d’Uvira et certains vivent au Burundi depuis plus d’une décennie.

La situation au Nord- et au Sud-Kivu demeure instable, avec de fréquents affrontements entre les différents groupes armés ainsi que des tensions entre les groupes ethniques. Au Nord-Kivu, plus de 220 000 personnes ont été déplacées depuis le mois d’avril en raison des combats entre les forces gouvernementales et les mutins du mouvement M23. Durant cette période, plus de 100 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du Sud-Kivu.

Plus de 40 000 personnes ont fui vers l’Ouganda et 20 000 autres au Rwanda.

En septembre, le HCR a publié un appel de fonds supplémentaire de près de 40 millions de dollars pour ses opérations d’aide aux personnes déracinées dans l’est du Congo, en Ouganda et au Rwanda. Le Burundi pourrait être inclus dans un prochain appel de fonds.

(Interview: Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR à Genève; propos recueillis par Alpha Diallo)

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26/12/2014
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