Forum mondial de la démocratie : le dossier syrien domine les débats à Strasbourg

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Ban Ki-moon rappelle l'urgence et l'universalité de la soif de dignité. Le Chef de l'ONU redoute aussi une régionalisation du conflit syrien.

S'exprimant à l'ouverture du Forum mondial de la démocratie, le Secrétaire Général des Nations Unies a déclaré qu'il y avait une soif urgente de dignité dans le monde à la suite des exigences de démocratie en Afrique du Nord, au Proche-Orient et au-delà ces deux dernières années. A Strasbourg, Ban Ki-moon a invité à trouver un compromis politique en Syrie. Selon le Chef de l'ONU, l'objectif  est de créer les  conditions requises pour une transition politique crédible qui réponde aux aspirations légitimes du peuple et garantisse les mêmes droits à tous les Syriens. 

Lors de ce premier forum sur la démocratie, il a été beaucoup question du printemps arabe et surtout de la Syrie où la situation a empiré de manière dramatique. Dans l'enceinte du Conseil de l'Europe à Strasbourg, le Chef de l'ONU a une nouvelle fois appelé le Président Assad à abréger la souffrance de son peuple. Ban ki moon redoute d'ailleurs que cette escalade de la violence pose des risques sérieux à la stabilité des voisins de la Syrie et à l’ensemble de la région.

De façon plus générale, le Chef de l'ONU reste convaincu du processus démocratique irrésistible du printemps arabe.

Selon Ban Ki-moon, le cas de la Syrie montre comment les transitions démocratiques actuelles ont donné naissance à l'espoir et à de nombreux changements, mais ont aussi engendré l'incertitude et la peur.  « Il n'y a aucune garantie de succès. Cela prend du temps de construire la démocratie », a-t-il prévenu, demandant que des efforts soient faits pour soutenir les progrès de la démocratie dans le monde

Mais loin de plonger dans le pessimisme, Ban ki Moon évoque son passé pour rappeler l'universalité de la démocratie. « Quand j'étais étudiant, je suis descendu dans la rue, avec d'autres, pour protester contre la dictature. En tant que Secrétaire général, je suis du côté de tous ceux qui, partout dans le monde, revendiquent pacifiquement leur droit à la démocratie ».

Il a ajouté s'être intéressé de près à la promotion de la démocratie en raison de son vécu personnel. C'est en Corée que des élections ont été pour la première fois surveillées par l'ONU. « Quand mon pays est né, c'est l'ONU qui a joué le rôle de sage-femme ».

Ban Ki-moon a rappelé que les Etats membres de l'ONU avaient clairement défini la démocratie comme étant une valeur universelle », fait-il remarquer. « Nous devons maintenant écouter les peuples », a-t-il souligné, et « nous devons rappeler les gouvernements à l'ordre lorsqu'ils ne respectent pas leurs obligations internationales ».

Enfin, il a mentionné le fait que construire la démocratie signifie non seulement « donner une voix aux citoyens », mais aussi promouvoir le développement économique et social.  

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Ban Ki-moon, Secrétaire Général de l'ONU)

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19/12/2014
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