Droit humains : un nouveau rapport pour contribuer à la réconciliation au Népal

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Navi Pillay (Photo ONU/Elizabeth Murekio)

Le Haut Commissariat aux droits de l’homme a publié ce lundi un rapport dans lequel il documente de graves violations du droit international commises pendant une décennie de conflit au Népal, soit de 1996 à 2006, dont certaines pourraient être considérées comme des crimes de guerre.

Le rapport de 233 pages, qui comprend une base de données d’environ 30.000 documents, dénonce également l’impunité qui perdure dans le pays.

Il devrait servir d'outil pour les institutions népalaises et la société civile et permettre d'impulser le processus de recherche de la vérité, la justice et la réconciliation pour les crimes commis à cette époque, qui stagne depuis 6 ans.

Selon Navi Pillay « les mécanismes de justice transitionnelle promis dans les accords de paix n’ont toujours pas été créés et des gouvernements successifs ont retiré aux tribunaux certaines affaires qui avaient été portées à leur attention. Des auteurs de graves violations, appartenant aux deux camps, n’ont pas été amenés à en rendre compte devant la justice, bénéficiant dans certains cas de promotions, et maintenant il est même question qu’ils soient amnistiés."

Le rapport met l’accent sur cinq catégories de violations – les meurtres, les disparitions forcées, la torture, les arrestations arbitraires et les violences sexuelles – et décrit en détail 41 cas particuliers et emblématiques puisés dans la base de données. Il souligne que plusieurs de ces cas pourraient équivaloir à des crimes de guerre.

Ainsi, selon le rapport, au moins 13 000 personnes ont été tuées, et 1 300 sont toujours portées disparues. De plus, le bilan final est susceptible d’être plus élevé, les dernières estimations avancées par le gouvernement s’élevant désormais à 17.000 tués.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

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20/10/2017
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