Conseil des droits de l'homme : des pays demandent à la Suisse des mesures supplémentaires pour lutter contre le racisme et la xénophobie

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Plusieurs pays ont demandé à la Suisse des mesures supplémentaires pour lutter contre la discrimination raciale, la xénophobie, la traite des êtres humains et pour renforcer l’égalité entre hommes et femmes sur le marché du travail. Dans le cadre de l'examen périodique universel de la Suisse, le Conseil des droits de l'homme a salué les progrès réalisés, tout en faisant plusieurs recommandations nouvelles.

Il s'agit du recours disproportionné à la force de la part des forces de police, du traitement des demandes d’asile dont la détention des mineurs non accompagnés, ou des discriminations visant les femmes migrantes.

Concernant le volet sur la police, Berne rappelle que si les cas de violences policières à caractère raciste enregistrés ces dernières années sont passés de 15 à 23 cas signalés annuellement, ce nombre reste relativement faible. « Dans plusieurs cantons, il existe des instances de recours ou des organes de médiation », fait remarquer le Conseiller fédéral Didier Burkhalter, Chef du Département fédéral des affaires étrangères. Par ailleurs, avant d’obtenir leur brevet fédéral, les aspirants policiers doivent passer un examen dans le domaine des droits de l’homme et de l’éthique. Des formations sur les compétences interculturelles et la diversité, en plus des formations déjà proposées aux cadres et aux spécialistes, ont également été mises en place par plusieurs polices cantonales et communales.

Plusieurs Etats, en particulier africains, se sont inquiétés de « la montée du racisme, de l’intolérance et de la xénophobie » en Suisse. Ils ont demandé que les autorités lancent une campagne de sensibilisation plus large dans la population pour répondre aux défis posés par les préjugés négatifs visant les étrangers. De nombreux pays, comme les Pays-Bas et l’Espagne, ont dénoncé les inégalités persistantes sur le marché du travail et dans les postes de décision entre les hommes et les femmes.

A l'ouverture des travaux, Didier Burkhalter avait indiqué que le « niveau de protection des droits de l’homme en Suisse est bon ». Mais aucun pays, pas même ceux où les droits de l’homme sont les mieux respectés, aucun gouvernement ne peut et ne doit faire preuve de complaisance à ce sujet. « Même si aujourd’hui, la Suisse bénéficie d’une situation favorable dans ce domaine, et que les droits de l'homme y sont fortement ancrés, dans les textes de loi et, c'est plus important encore, dans les mentalités, le respect des droits de l’homme reste une tâche constante », a-t-il déclaré.

(Extrait sonore : Didier Burkhalter, Conseiller fédéral et Ministre suisse des Affaires étrangères)

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20/10/2017
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