RDC : les absents du Sommet de Kampala

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La capitale ougandaise a abrité le samedi 8 septembre un mini-sommet de la Conférence internationale sur la région des grands lacs en présence de trois dirigeants des 11 États des Grands Lacs sur les onze attendus.

Grand absent de cette rencontre : Paul Kagamé, dont le pays est accusé par la RDC et l'ONU de soutenir le Mouvement du 23 mars 2009 (M23), une rébellion qui affronte l'armée régulière depuis fin avril 2012.

Cette rébellion est constituée des mutins de l'armée congolaise issus de l'ancienne rébellion du CNDP. Ils réclament l'application de l'accord de paix de mars 2009. Signé par le gouvernement et le CNDP, cet accord prévoit notamment l'intégration des combattants de cette ancienne rébellion dans l'armée et la police congolaises.

Depuis plusieurs mois la RDC fustige le M23 qu'elle accuse d'être à l'origine de la recrudescence de la violence à l'Est. Le déploiement de cette force a été approuvé par les chefs d'Etat des Grands lacs réunis en août dernier à Kampala.

Lors de la réunion du 8 septembre, toujours à Kampala, la troisième en deux mois qui a été consacrée à la crise en RDC, il a été question de définir les modalités du déploiement de la force internationale neutre.

Toujours est-il que l'idée de déployer cette force le long de la frontière d'ici trois mois -tel que décidé le samedi 8 septembre à ce sommet de la Conférence internationale pour les pays des Grands Lacs-; suscite des commentaires en sens divers au sein de la classe politique congolaise et rwandaise.

Les experts congolais de la défense ont accusé leurs homologues rwandais de refuser l'examen de la proposition des ministres de la Défense des Grands lacs, réunis en août dernier à Goma, sur l'implication des Nations Unies et de l'Union africaine dans la force.

La RDC souhaite notamment que les soldats de la Mission de l’ONU (MONUSCO) soient mis à contribution. Mais pour le Rwanda qui reproche à la MONUSCO de prendre partie pour les autorités congolaises, ça n’est pas envisageable.

Alors une question majeure ce pose : S’il fallait former cette force avec les soldats de certains pays de la région, qui y participerait et qui la financerait?….

Les pourparlers de Kampala prévoient d'exclure la RDC, le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda de la dite force. Sur la taille de la Force, il s'agirait de 4000 hommes. Quant aux pays contributeurs, seule la Tanzanie a offert la participation de ses troupes à la future force internationale.

(Mise en perspective de Maha Fayek)

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16/10/2017
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