Nord-Mali : Navi Pillay évoque « d’éventuels crimes de guerre »

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Des réfugiés maliens

La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a dénoncé la violence des groupes islamistes dans le Nord-Mali, évoquant « plusieurs graves violations des droits de l’homme », voire des « crimes de guerre ».  Navi Pillay a condamné fermement toutes les attaques contre des civils, la violence sexuelle, le recrutement forcé d’enfants ainsi que la destruction du patrimoine culturel du Mali.  Elle a relevé que le pourrissement de la situation au Nord du Mali pourrait avoir des conséquences sur l’ensemble de la région du Sahel.

Parmi ces graves violations de droits humains, figurent les exécutions sommaires, le recrutement d’enfants soldats, les atteintes à la liberté d’expression et de croyance, les cas de mariage précoce forcé ou de mutilations génitales féminines. La brutalité des groupes islamistes au Nord du Mali portent également sur des amputations, des peines de mort par lapidation ou l'exécution sommaire de soldats prisonniers maliens.

Devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay a dressé un sombre tableau des graves violations de droits humains commises par les groupes islamistes au Nord du Mali. Aux bancs des accusés figurent Ansar Dine et le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest, des alliés d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Le Sénégal, au nom du Groupe africain, a indiqué qu'il est « essentiel de mettre hors état de nuire les auteurs de tels actes et que justice soit faite ». Les dirigeants africains réaffirment en outre leur attachement à la souveraineté de la République du Mali.

Le Ministre de la Justice du Mali a de son côté lancé un vibrant appel à la communauté internationale afin qu’elle se mobilise davantage pour soutenir le Mali dans ses efforts de protection et d’assistance aux populations meurtries.  Malick Coulibaly a ajouté que, dans la perspective d’une souveraineté restaurée sur l’ensemble des régions du nord, le Mali aura besoin de l’accompagnement de tous ses partenaires pour mettre en œuvre une justice transitionnelle, seule à même de répondre aux défis inhérents aux situations post-crises. 

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore d'Abdoul Wahab Haïdara, de la Mission du Sénégal auprès de l'ONU-Genève)

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15/12/2017
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