Mali : Bamako fustige les graves violations de droits humains et la furie destructrice des Islamistes au Nord

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Malick Coulibaly, Ministre de la Justice du Mali (Photo ONU/Jean-Marc Ferré)

La Haut Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a présenté, ce lundi 17 septembre devant le Conseil des droits de l'homme, un exposé oral sur la situation des droits humains au Mali, dont le Nord est occupé par plusieurs groupes armés, dont Al Qaida au Maghreb islamique.  Ces groupes auraient commis des violations graves des droits de l’homme, voire des crimes de guerre: exécutions sommaires, recrutement d’enfants soldats et violations du droit à la liberté de croyance.  Des amputations et peines de mort par lapidation sont à déplorer également. 

Selon le Ministre de la justice, le rapport de Navi Pillay montre, à suffisance, la « gravité de la situation dans son pays qui résulte de l'agression injustifiée et inacceptable dont il a été victime avec l'occupation illégale des régions de Tombouctou, Gao et Kidal par des groupes armés et des organisations terroristes ».

Il a précisé que, depuis plusieurs mois, ces groupes se livrent à des violations graves des droits de l'homme comme les viols, vols, pillages, exécutions sommaires, tortures, traitements cruels, inhumains et dégradants, prises d'otages, séquestrations et pratiques esclavagistes. Citant le rapport, le Ministre a encore souligné que ces organisations criminelles qui sévissent au nord du Mali n'épargnent rien dans leur furie destructrice car mêmes des écoles et des hôpitaux ont été détruits et pillés et des enfants enrôlés et exploités. 

Ainsi, outre les régions sous occupation, dans le reste du pays, les convulsions politiques ont eu des répercussions négatives sur la situation des droits de l'homme et le Gouvernement s'est énergiquement élevé contre ces agissements en faisant diligenter les enquêtes et procédures appropriées, a indiqué M. Coulibaly. Il a ajouté que, dans la perspective d'une souveraineté restaurée sur l'ensemble des régions du nord, le Mali aura besoin de l'accompagnement de tous ses partenaires pour mettre en œuvre une justice transitionnelle, seule à même de répondre aux défis inhérents aux situations post-crises.

La Haut Commissaire aux droits de l'homme avait auparavant dressé un sombre tableau de la situation au Mali où  les crises qui frappent le nord du Mali pèsent fortement sur la situation des jeunes et des enfants, confrontés à un risque important de recrutement forcé.  « Des cas de mariages précoces forcés sont aussi dénoncés; les islamistes semblent en outre imposer une politique de ségrégation entre hommes et femmes dans l’accès aux services de base », a fait remarquer Navi Pillay. La Chef des droits de l'homme de l'ONU note que la détérioration de la situation au Nord du Mali pourrait avoir des conséquences sur l’ensemble de la région du Sahel.

(Extrait sonore : Malick Coulibaly, Ministre de la justice du Mali)

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12/12/2017
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