Etat de droit : le plaidoyer de Ban Ki-moon aux 193 États Membres de l'ONU

Écouter /

Ambiance des grands jours au Siège des Nations Unies à New York, avec déjà les débats de haut niveau de l'Assemblée générale, à la veille du lancement du grand débat, le débat annuel mardi. Ce matin, les 193 États Membres ont discuté de l'état de droit. Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a lancé les discussions en comparant l'état de droit à la loi de la pesanteur et en estimant qu'il soude les sociétés et rassemble les hommes autour de valeurs communies. Mais contrairement à la physique, l'état de droit ne se manifeste pas spontanément. Il doit être nourri par les efforts continus et concertés de dirigeants véritables. D'où la nécessité d'en assurer sa promotion.

Ban Ki-Moon, s'exprimant en français, a relevé que c'est la première fois que des chefs de gouvernement, des ministres de la justice, des procureurs généraux et des représentants de la société civile se réunissent dans cette salle afin de débattre exclusivement du renforcement de la justice pour les habitants de tous les pays du monde. L'attente a été longue. Mais cela fait des dizaines d'années que l'ONU s'attelle à renforcer l'état de droit, et la réunion d'aujourd'hui reflète un mouvement mondial de plus en plus vaste réunissant de simples citoyens qui réclament la justice, le respect du principe de responsabilité et la fin de l'impunité.

Le Secrétaire général, pour mieux illustrer son propos, a rappelé que renforcer l'état de droit, c'est consolider les trois piliers de l'ONU : la paix, le développement et les droits de l'homme. Selon lui, la justice n'est pas une notion abstraite. “C'est une carte d'électeur, un contrat en bonne et due forme, le badge d'un policier qui inspire la confiance et le certificat de naissance qui fait qu'une petite fille aura une existence officielle”, a-t-il déclaré. “La veuve qui n'hérite de rien, le militant des droits de l'homme qui subit des représailles et la victime d'atteintes sexuelles, tous ont besoin de l'état de droit pour obtenir justice”, a-t-il poursuivi.

La Charte des Nations Unies – la Constitution de la communauté internationale – fournit des outils indispensables pour approfondir la primauté du droit: le pouvoir universel normatif de l’Assemblée générale, le pouvoir d’exécution du Conseil de sécurité, le pouvoir judiciaire de la Cour internationale de la Justice.

La majorité des instruments juridiques internationaux développés au sein de l'Organisation des Nations Unies donne à la communauté internationale une base pour coopérer et résoudre pacifiquement les conflits – et les moyens de s’assurer qu’il n’y a pas eu de récidive des combats. La primauté du droit est aussi fondamentale pour le développement et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Le débat d’aujourd’hui doit renforcer notre détermination à faire en sorte que le programme de développement international post-2015 tient pleinement compte de l’état de droit.

Ban Ki-moon s'est dit fier du fait que l'ONU promeuve l’état de droit dans plus de 150 pays. Il a demandé à tous les États Membres de prendre des mesures concrètes dans cinq domaines spécifiques. Tout d’abord, en s’engageant à l’application égale de la loi, tant au niveau national et international. Deuxièmement, en respectant les plus hautes normes de l’état de droit dans leur prise de décision à tout moment. La primauté du droit doit être le fondement de toute action gouvernementale. Troisièmement, accepter la juridiction de la Cour internationale de Justice (CIJ). Quatrième soutien de la paix, en renforçant les initiatives de l’ONU dans le domaine de l’état de droit: la formation des policiers, l’amélioration du système carcéral, l'amélioration du système judiciaire dans les pays fragiles et déchiré par les conflits à travers le monde. Enfin, en profitant de cette occasion véritablement historique pour s’engager à respecter le droit international et la justice et un ordre international fondé sur la primauté du droit.

Pour conclure, le Secrétaire général a déclaré que tous les pays doivent renforcer l’état de droit et que ce renforcement sert l’intérêt de tout le monde. Il est aussi essentiel au sein des pays qu'il ne l'est dans la famille des nations. Aussi, la réunion d’aujourd’hui est-elle une étape importante – mais elle ne constitue pas une fin en soi. Le défi de l'ONU consiste maintenant à assurer le suivi et à continuer à approfondir et développer l’État de droit – ce fondement essentiel pour un avenir meilleur.

(Extrait sonore : Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies)

Le dernier journal
Le dernier journal
28/08/2014
Loading the player ...