Enfants dans les conflits armés : Leila Zerrougui met l'accent sur la responsabilisation et la prévention des violations

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Leïla Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés

Une semaine après sa prise de fonction, la nouvelle Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés a fait son premier discours au Conseil des droits de l’homme. A Genève, Leila Zerrougui a mis l'accent sur la responsabilisation et la prévention des violations commises contre les enfants touchés par les conflits. Leila Zerrougui s’est dit préoccupée par le nombre croissant de meurtres et de mutilations d’enfants dus à des armes explosives, tels que lourds mortiers, obus d’artillerie, roquettes multiples et engins explosifs improvisés.

Concernant la situation en Syrie, la Représentante spéciale dénonce l'utilisation abusive de la force par l'armée syrienne. « C'est d'abord les mutilations et les exécutions des enfants dans le cadre des attaques indiscriminées ». Elle reproche également aux forces gouvernementales de s'attaquer aux hôpitaux et aux écoles. Quant aux groupes armés, Leila Zerrougui fait état d'informations sur le recrutement d'enfants. « Nous sommes entrain de travailler pour vérifier tous ces rapports. Mais il est déjà établi que des enfants sont utilisés pour poser des bombes suicides », souligne-t-elle.

C'est pourquoi devant le Conseil des droits de l'homme, la Représentante spéciale a plaidé pour la nécessité de prévenir l’association des enfants avec les forces et groupes armés.

Elle a également noté le rôle important joué par les systèmes communautaires informels de protection de l’enfance. « La prévention, pour être réussie, doit s’attaquer aux causes du recrutement volontaire, telles que la pauvreté, les injustices sociales et la survie. Pour beaucoup d’enfants et de jeunes, la scolarité et l’emploi sont les seules alternatives à se joindre aux forces et groupes armés ».

La Représentante spéciale a également informé le Conseil des droits de l'homme des plans d’action signés entre l’ONU et les parties au conflit pour la libération des enfants dans leurs rangs. Elle a noté que le Gouvernement de la Somalie est devenu le premier parti à signer un plan d’action pour cesser et prévenir le meurtre et la mutilation d’enfants par ses forces. « Les principes humanitaires de distinction, de proportionnalité et de précaution doivent toujours guider l’utilisation des armes explosives », a-t-elle déclaré.

Tout en saluant l’importance du précédent établi par les verdicts prononcés par la Cour pénale internationale et le Tribunal spécial pour la Sierra Leone respectivement contre Thomas Lubanga et Charles Taylor, Leila Zerrougui a souligné que le recours à la justice internationale pour lutter contre l'impunité doit compléter, et non remplacer, le rôle primordial de la justice nationale. La Représentante spéciale a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des institutions nationales en matière d'enquête et de poursuites judiciaires des recruteurs d'enfants. Dans ces conditions, elle estime qu'il est crucial de renforcer les capacités nationales – avec un soutien international – afin que la justice puisse être administrée conformément aux normes et standards internationaux ».

Leila Zerrougui a pris ses nouvelles fonctions le 4 septembre 2012, après quatre années en qualité de représentante spéciale adjointe de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO).

(Interview : Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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14/12/2017
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