Conseil des droits de l'homme : Une experte onusienne préoccupée par l'assainissement au Sénégal

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Le Conseil des droits de l'homme a examiné, ce mercredi 12 septembre, le rapport de la Rapporteuse spéciale sur le droit humain à l’eau potable et à l’assainissement. Catarina De Albuquerque a rappelé que près de 780 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable, et que 2,5 milliards de personnes ne bénéficient pas de services d’assainissement.

L'Experte indépendante s'est d'ailleurs préoccupée de la situation au Sénégal où « l'eau et l'assainissement restent hors de prix pour certains groupes parmi lesquels les plus pauvres et marginalisés ».

Devant le Conseil des droits de l'homme, la Rapporteuse spéciale sur le droit à l’eau potable et à l’assainissement est longuement revenue sur la mission qu'elle a effectuée en novembre 2011 au Sénégal.

Si Dakar a fait un bon en avant en matière d'accès à l'eau avec un taux  de plus de 87% depuis 2010, sa qualité n'est pas pleinement garantie dans certaines régions du Sénégal où l'on boit une eau médiocre pour la consommation humaine. En cause, des facteurs naturels et la pollution.  « Donc les populations s'approvisionnent souvent auprès de points d'eau polluée ou non traitée », fait remarquer Catarina De Albuquerque.

Sur l'assainissement, l'experte onusienne rappelle que la plupart des Sénégalais n'ont toujours pas accès à l'assainissement. En 2010 d'après les estimations du Programme commun de surveillance de l'OMS et l'UNICEF, la défécation à l'air libre était pratiquée par au moins 17% de la population, et près de la moitié de la population n'avait pas accès à des solutions d'assainissement améliorées.

Catarina De Albuquerque notera que l'eau et l'assainissement restent hors de prix pour certains groupes parmi lesquelles les plus pauvres et marginalisées, c'est-à-dire dans les communautés périurbaines et rurales.  Du coup, elle plaide pour que des efforts concertés pour faire en sorte que l'eau et l'assainissement soient abordables, pour toute la population, et avec priorité pour les plus pauvres.

En réponse, la délégation sénégalaise a souligné que des réformes sont envisagées pour renforcer les acquis, améliorer la qualité de l’eau et mieux intégrer ce droit à la réglementation pertinente.  C’est dans ce cadre que s’inscrit l’étude de la réforme du secteur hydraulique et de l’assainissement en cours, piloté par un comité technique interministériel.  Par ailleurs, le Sénégal poursuit une réflexion sur sa politique de branchements et de tarification sociale.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Catarina De Albuquerque, Rapporteuse spéciale de l'ONU sur le droit à l’eau potable et à l’assainissement)

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20/10/2017
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