Conseil des droits de l’homme: un expert de l’ONU défend l’importance de la justice transitionnelle

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Conseil des droits de l’homme

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition, Pablo de Greiff, a exhorté mardi 11 septembre les gouvernements à ne pas considérer la justice transitionnelle comme une forme de justice spéciale.

« J’appelle tous les acteurs concernés à refuser la tendance qui consiste à percevoir la justice transitionnelle comme une forme de justice plus clémente. Elle n’est pas une forme de justice distincte, mais une stratégie visant à rendre la justice et à remédier à des violations massives des droits de l’homme pendant les périodes de transition », a expliqué Pablo de Greiff lors de la présentation de son rapport annuel devant le Conseil des droits de l’homme à Genève.

L’expert indépendant des Nations Unies sur la justice transitionnelle a rappelé que le redressement des torts causés dans le cadre de violations massives des droits de l’homme ne peut être obtenu en l’absence de quatre éléments-clés, à savoir la vérité, la justice, les réparations et les garanties de non-répétition.

Le 11 septembre 1973, la société chilienne a été victime d’une dictature brutale qui s’est rendue coupable de violations systématiques des droits de l’homme, de dénis de justice, anéantissant au passage l’état de droit.

« Grâce à la persévérance de nombreux acteurs, dont les victimes elles-mêmes, les systèmes nationaux et la communauté internationale disposent aujourd’hui, 39 ans après les faits, de mécanismes répondant aux situations de violations graves des droits de l’homme et du droit humanitaire international », s’est félicité de Greiff.

« Seule une approche holistique dans la mise en œuvre de ces mesures peut permettre la réconciliation et rendre les victimes parties prenantes de cet effort. La reconnaissance des victimes en tant qu’individus dotés de droits est essentielle pour empêcher que des violations ne se répètent. La réconciliation ne peut en aucun cas être un fardeau supplémentaire pour ceux qui sont déjà des victimes », a souligné Pablo de Greiff.

(Mise en perspective : Jean-Pierre Amisi Ramazani)

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12/12/2017
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