Conseil des droits de l'homme : évolution dramatique des violences en Syrie

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Paulo Pinheiro, Président de la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie.

Le Président de la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie a recommandé au Conseil de sécurité de prendre les mesures appropriées alors que les abus progressent en « nombre, rythme et intensité ». Devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, ce lundi à Genève, Paulo Pinheiro a dressé un tableau dramatique de la situation des droits de l’homme en Syrie où les violations flagrantes des humains ont « augmenté en nombre, en rythme et en intensité ».

A Alep, Damas, Dera, Latakia, Idlib ou Homs, le quotidien se conjugue par des attaques indiscriminées contre les civils sous la forme de frappes aériennes et de pilonnages d'artillerie contre des zones résidentielles. Devant le Conseil des droits de l'homme à Genève, le président de la commission d’enquête sur la Syrie répertorie ainsi des assassinats, exécutions sommaires, tortures, arrestations, violences sexuelles, violations des droits des enfants ou destruction d'hôpitaux et d'écoles. Selon Paulo Pinheiro, les forces du gouvernementales et ses milices shabiha ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité».  Les forces rebelles de l’opposition ont également commis des crimes de guerre, mais leurs violations, bien que sérieuses, n’ont pas le degré de gravité et l’ampleur de celles commises par les forces gouvernementales.

Selon Paulo Pinheiro, la situation en Syrie s'est détériorée à tel point qu'il est difficile de la décrire avec exactitude en quelques mots. Les violations graves des droits humains se sont multipliées à un rythme qui dépasse la capacité de la Commission d'enquêter. L'expert brésilien a également dénoncé l’augmentation des tensions interconfessionnelles et surtout la présence croissante d’éléments armés étrangers. Un nombre croissant « d’éléments étrangers » dont des islamistes se trouvent actuellement en Syrie, a ajouté Paulo Pinheiro. « Certains rejoignent les rangs de l’insurrection contre le régime du président syrien Bachar el-Assad tandis que d’autres sont là pour leur propre compte, selon la commission. Ces éléments ont tendance à pousser les combattants anti-gouvernementaux vers des positions plus radicales », a expliqué le Président de la Commission.

Paulo Pinheiro recommande au Conseil de sécurité de l’ONU de saisir la Cour pénale internationale. « Nous avons recommandé que notre rapport soit transmis au Conseil de sécurité de sorte qu’il puisse prendre les mesures appropriées au vu de la gravité des violations, abus et crimes perpétrés par les forces gouvernementales et les Chabiha ainsi que par des groupes antigouvernementaux », a déclaré l’expert brésilien.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore de Paulo Pinheiro, Président de la Commission d’enquête de l'ONU sur la Syrie)

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11/12/2017
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