Ban Ki-moon : ”les États doivent respecter leurs engagements”

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On trouvera ci-dessous, le texte intégral de l'interview exclusive accordée par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, à la Division des médias du Département de l'information des Nations Unies (DPI).

DPI : Monsieur le Secrétaire général, à la veille de l’Assemblée générale, quelles sont vos attentes ?

Ban Ki-moon : Lorsque l’automne arrive, je sais que l’Assemblée générale est proche. Je suis vraiment excité lorsque de nombreux dirigeants de par le monde, viennent aux Nations Unies, apportant leurs propres points de vue et leurs engagements, leur passion et leur dynamisme propre. Cela me remplit d’énergie et aussi de dynamisme. C’est ce que j’ai vraiment essayé d’apprendre des dirigeants lors de rencontres avec eux, bilatérales, multilatérale. Cela a été une expérience très stimulante pour moi au cours des cinq dernières années. Cela va être la première Assemblée générale de mon second mandat. J'attends cela avec impatience.

 DPI : De quoi seriez-vous le plus satisfait à la fin de cette Assemblée générale?

Ban Ki-moon : Il ya beaucoup de questions … les questions régionales et les défis mondiaux … quand nous arriverons aux questions régionales, la situation en Syrie sera en tête des préoccupations des dirigeants, comme pour moi. Et il y a de nombreuses questions, telles que la situation au Sahel, au Soudan et au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo, et la persistance de l’instabilité dans le monde arabe et en Afrique du Nord. Ces questions occupent vraiment la majeure partie de nos journées. Dans le même temps, il y a la façon de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement et la façon dont nous pouvons convenir d’établir des objectifs de développement durable tel que mandatés par le Sommet de Rio +20 pour l’amélioration et la prospérité du monde dans les décennies à venir. Il y a aussi les nombreux problèmes de santé, l’énergie, l’eau, les problèmes de sécurité alimentaire, les questions de … l’éducation sera également une des priorités, pour laquelle je vais lancer une nouvelle initiative. Donc je suis vraiment impatient d’avoir une réunion très fructueuse. Ce qui est important en ce moment … je demanderai aux dirigeants d’être unis, pour montrer leur leadership politique collectif, en prenant des mesures collectives.

DPI : Alors que vous êtes aux prises avec les problèmes les plus difficiles du monde, comment vous y prendriez-vous pour que les jeunes continuent de croire en l’ONU?

Ban Ki-moon: L’Organisation des Nations Unies soutient les jeunes. Récemment, les jeunes ont imprimé leur marque sur le monde. Nous avons travaillé dur pour leur fournir des emplois décents, des droits de l’homme et la dignité humaine, de meilleures opportunités dans le domaine politique, et de meilleures opportunités dans les domaines socio-économiques. Le monde est devenu jeune. Nombreux sont les pays où la population est composée à 60 pour cent de jeunes, ou du moins, le plus souvent plus de 50 pour cent de la population sont des jeunes. Ainsi, le monde devient de plus en plus jeune. Aussi, cela devient une priorité de leur offrir des possibilités décentes, l’égalité des chances ou de meilleures chances. C’est pourquoi j’ai fait de la question des jeunes l’une de mes cinq priorités de mon second mandat … de même que l’autonomisation des femmes et des jeunes continuera de figurer parmi mes priorités.

DPI : Il est difficile pour les gens extérieurs à l’ONU de comprendre la complexité du débat général pour un Secrétaire général. Comment pouvez-vous le mieux illustrer cette complexité?

Ban Ki-moon: Nous allons être très occupés. Au cours des prochaines semaines qui seront politiquement très importantes. Dans le même temps, pour moi, la façon de gérer cette période très concentrée sera un défi majeur. Pour moi, c’est comme emprunter un tapis roulant … une fois que vous progressez sur ce tapis roulant, vous devrez vous arriver à destination, mais parfois il y peut il y avoir une courbe prononcée à négocier. Ensuite, je dois garder la main sur la rampe et ne pas tomber sur le tapis roulant. Mais tout le monde se dirige vers un but commun et un but commun – qui est d’assurer la paix et la sécurité dans le monde entier grâce à nos efforts diplomatiques et à la diplomatie préventive, soutenir la paix, … apporter la prospérité économique et sociale aux populations et aussi promouvoir et protéger les droits de l’homme et la dignité humaine pour tous les peuples du monde, indépendamment des questions de sexe, d'âge ou d’origine ethnique. En fait c'est le Pacte des Nations Unies pour la population.

DPI : Quel est le défi le plus difficile dans cette période chargée?

Ban Ki-moon: C'est de convaincre les dirigeants du monde d'être à la hauteur de leurs engagements – ce qui sera une mission importante pour moi. Maintenant, qu’est-ce que cela signifie? Qu’ils doivent faire plus pour leur peuple, mettre les gens au centre de leur priorité nationale. C’est ce qui est vraiment les Nations Unies entendent promouvoir. Il ya de nombreux dirigeants mondiaux qui ont leurs propres priorités politiques nationales. Mais parfois, ils ne les respectent pas. Je vais essayer d’être très franc avec eux, leur dire lorsqu'ils s'en éloignent ou qu'ils ont besoin de faire davantage, en particulier quand il s’agit des Objectifs du Millénaire pour le développement. Nous n'avons plus que trois ans et trois mois pour les réaliser. Nous devons atteindre ces objectifs d’ici à 2015. Puis, après 2015, il faudra être visionnaire et ambitieux, disposer de programmes concrets, pragmatiques de développement, en établissant des objectifs de développement durable comme cela a été mandaté par le sommet Rio +20 de cette année. Ce sera ma priorité et mon principal défi.

DPI : Étant donné que vous n’avez que quelques minutes avec chacun des président et des responsables mondiaux, comment arrivez-vous à faire passer votre message en un si court laps de temps?

Ban Ki-moon : Le respect des échéances sera une autre priorité. Je commence ma journée très tôt le matin et rester travailler très tard. Donc mon temps parfois doit être contrôlé minute par minute. Je vais rencontrer plus de 145 dirigeants, dans le cadre de réunions bilatérales. Je vais présider et convoquer des mini-sommets et j’ai été invité à participer à de nombreux événements parallèles. Il y en aura près de 50. Cela signifie que je vais participer ou rencontrer des gens au cours de plus de 200 événements. Je vais donc m'engager à répartir tout cela d’une manière plus constructive et utile. Mais au cours des cinq dernières années, j’ai pu acquérir une certaine sagesse et un certain savoir-faire pour gérer tous ces échéanciers très serrés. J’espère que le peu de temps que j'ai sera utilisé de façon très constructive et au mieux.

DPI: Enfin pouvez- vous partager avec nous un moment drôle que vous avez vécu durant la dernière Assemblée générale?

Ban Ki-moon: Je peux vous raconter une histoire embarrassante. Je pense qu’il y a un an, l’an dernier, il y avait une panne d'électricité dans le bâtiment temporaire de l'ONU ou se trouve mon bureau. J’étais au milieu de toute cette période très chargée. Aussi, comme les ascenseurs ne marchaient pas, tous les dirigeants, ont du gravir les escaliers. Et quand je les attendait au troisième étage, certains dirigeants arrivaient à bout de souffle … certains dirigeants ont dit «merci Monsieur le Secrétaire général de nous avoir permis d’utiliser gratuitement le gymnase des Nations Unies. C'était assez gênant. Cela a duré toute une journée … En parcourant ces escaliers … ce n’était pas une bonne expérience, mais je leur suis très reconnaissant pour leur endurance et leur compréhension.

(Propos recueillis par Elizabeth Philipp et Monica Villela Grayley du Département de l'information des Nations Unies)

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23/10/2017
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