Syrie : le Conseil de sécurité face au tableau alarmant de la situation humanitaire

Le Conseil de sécurité vote sur la résolution sur la Syrie le 19 juillet 2012 (Photo ONU Mark Garten)

Retour sur l’actualité et le Conseil de sécurité qui s’est réuni jeudi à New York, au niveau ministériel, pour examiner la situation en Syrie. Sous la présidence du Ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, les quinze ont passé en revue la crise humanitaire que connait non seulement la Syrie elle-même, mais aussi les pays voisins tels que la Jordanie, la Turquie et le Liban.

Pour mieux cerner les enjeux de la crise humanitaire syrienne, le Conseil a d’abord entendu jeudi, le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson a dressé un constat alarmant : plus de 2,5 millions de personnes ont un besoin urgent d’aide et de protection à l’intérieur du pays. Tout en estimant que l’idée de créer des zones tampons en Syrie exige un examen critique, Jan Eliasson a prôné l’instauration d’un processus de transition.

Un bilan humanitaire et humain sur lequel est revenu, Antonio Guterres, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés qui a précisé qu’au 29 août, 229.000 personnes avaient quitté le pays et cherché refuge dans les pays voisins dont plus de 80 000 en Turquie. Antonio Guterres qui a insisté sur le sort des milliers de Syriens déplacés et piégés sans ressources en Syrie. Antonio Guterres a aussi souligné l’obligation pour toutes les parties au conflit d’accorder sans restriction l’accès humanitaire à l’intérieur de la Syrie.

Même plaidoyer du Ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu, qui, tout comme ses homologues de la Jordanie, du Liban et de l’Iraq, a souligné les efforts importants déployés par son pays pour aider les frères et voisins syriens. Il a estimé que seul le régime El-Assad est responsable de la crise. Les chefs de la diplomatie britannique, marocaine, togolaise ou encore colombienne ont aussi pris la parole en ce sens ainsi que nombre d’ambassadeurs, à l’exception de ceux de la Chine et de la Russie.

Puis, le Président du Conseil de sécurité, Laurent Fabius, s’exprimant en sa qualité de Ministre français des affaires étrangères, a rappelé les raisons de cette réunion de haut niveau. La France, a-t-il dit, a souhaité cette réunion ministérielle, pour aider à résoudre les problèmes humanitaires, pour mettre chacun devant ses responsabilités et pour adresser au peuple syrien qui souffre, de la part de ses amis, un message de soutien et de solidarité. “J’espère que ces messages seront entendus. Nous savons que notre Conseil est divisé, mais malgré les divisions de ce Conseil, il n’y a pas d’autre voie que le respect de la légalité internationale”. Le chef de la diplomatie française a précisé que son pays reste fidèle à son engagement en ce sens et affirme que l’ONU et le Conseil de sécurité doivent contribuer au règlement de la crise syrienne. C’est nécessaire aujourd’hui et ce sera nécessaire demain quand il faudra reconstruire la Syrie – une Syrie libre, pacifique et démocratique pour laquelle une majorité de Syriens se battent aujourd’hui avec tant de courage, a-t-il martelé, avant de conclure que “nous devons à ces combattants d’être à la hauteur de ce courage”.

Enfin le Représentant permanent de la Syrie, Bashar Ja’afari, a fustigé la partialité des délégations qui se permettent de déclarer que le Président syrien a perdu toute légitimité. Il a jugé qu’il était temps de tirer les leçons des politiques d’ingérence menées par les grandes puissances. Il a fait valoir que le Gouvernement syrien avait répondu aux revendications légitimes de son peuple et fait montre d’ouverture pour résoudre pacifiquement cette crise. « Il y a une obsession quasi-hystérique de certains pays de cibler la Syrie », a dit Bashar Ja’afari, en estimant que ces États ne considèrent la question de l’aide humanitaire que dans la perspective d’un agenda politique étroit.

(Mise en perspective : Jérôme Longué, avec des extraits sonores des interventions de Jan Eliasson, Vice-Secrétaire général des Nations Unies; Antonio Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés; Ahmet Davutoğlu, Ministre turc des affaires étrangères; Laurent Fabius, Président du Conseil de sécurité, Ministre des affaires étrangères de la France; et Bashar Ja’afari, Représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies)

 

 

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18/09/2017
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