Syrie : le Conseil de sécurité dresse un constat humanitaire accablant

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Photo : PAM

Le Conseil de sécurité s'est réuni jeudi après-midi à New York, au niveau ministériel, pour examiner la situation en Syrie. Sous la présidence du Ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, les quinze ont passé en revue la crise humanitaire que connait non seulement la Syrie elle-même, mais aussi les pays voisins tels que la Jordanie, la Turquie et le Liban.

Ouvrant le débat, le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson a lancé un appel en faveur des besoins immédiats de la population civile, tout en prônant l'instauration d'un processus de transition.

Un bilan humanitaire et humain sur lequel est revenu, Antonio Guterres, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés qui a fourni les derniers chiffres de cette tragédie. Ainsi au 29 août, 229 000 personnes avaient quitté le pays et cherché refuge dans les pays voisins, dont plus de 80 000 en Turquie. Antonio Guterres qui a insisté sur le sort des centaines de Syriens déplacés et piégés sans ressources en Syrie.

D'où les différents appels lancés à toutes les parties au conflit par le Haut Commissaire qui a estimé que tout d’abord, les parties au conflit, doivent accorder sans restriction l’accès humanitaire à l’intérieur de la Syrie. Elles doivent aussi respecter et protéger les réfugiés irakiens, palestiniens et autres à l’intérieur de la Syrie. Ensuite, il faut un soutien international renforcé à toutes les victimes du conflit. De plus, tous les États de la région et au-delà doivent continuer à étendre la protection aux Syriens fuyant leur pays. Enfin, seule solution politique permettra de mettre un terme au conflit et à la crise humanitaire.

Même plaidoyer du Ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu, qui, tout comme ses homologues de la Jordanie, du Liban et de l'Iraq, a souligné les efforts important que son pays déploie pour aider ses frères syriens. Le ministre turc a aussi mis en garde contre les difficultés rencontrées par les populations à l'approche de l'hiver. Il a estimé que seul le régime syrien est responsable de la crise actuelle, indiquant que les réfugiés ne fuient pas les exactions des opposants au régime, mais celles de l'armée syrienne. Les chefs de la diplomatie britannique, marocaine, togolaise ou encore colombienne sont également intervenus ainsi que de nombreux représentants de pays.

Enfin, le Président du Conseil de sécurité, Laurent Fabius, intervenant en sa capacité de Ministre français des affaires étrangères, a rappelé les raisons de cette réunion de haut niveau.

La France, a-t-il dit, a souhaité cette réunion ministérielle, pour aider à la solution des problèmes humanitaires, pour mettre chacun devant ses responsabilités et pour adresser au peuple syrien qui souffre, de la part de ses amis, un message de soutien et de solidarité. “J'espère que ces messages seront entendus. Nous savons que notre Conseil est divisé mais malgré les divisions de ce Conseil, il n'y a pas d'autre voie que le respect de la légalité internationale”.

Le chef de la diplomatie française a précisé que son pays reste fidèle à son engagement en ce sens et affirme que l'ONU et le Conseil de sécurité doivent contribuer au règlement de la crise syrienne. C'est nécessaire aujourd'hui et ce sera nécessaire demain quand il faudra reconstruire la Syrie – une Syrie libre, pacifique et démocratique pour laquelle une majorité de Syriens se battent aujourd'hui avec tant de courage, a-t-il martelé, avant de conclure que “nous devons à ces combattants d'être à la hauteur de ce courage”.

Enfin à noter que même si la question de l'instauration de zones- tampons a été évoquée, aucun accord ou consensus n'a été trouvé, en raison notamment de l'important déploiement militaire qu'elles supposent. Tout au plus Laurent Fabius a-t-il envisagé l'appui que la France pourrait éventuellement apporter aux zones syriennes déjà libérées.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
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22/09/2017
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